C'était il y a plus d'un an, le 6 novembre 2012, le démocrate Barack Obama remportait à nouveau les élections présidentielles américaines après une campagne électorale difficile face au républicain Mitt Romney. Pour Obama de nouveaux défis l'attendaient ainsi que des promesses encore à maintenir. Désormais les regards se tournent vers la présidentielle de 2016. Quels vestiges de l'Amérique Barack Obama lèguera-t-il à son successeur?

En 2008, les Américains élisaient Barack Obama, un jeune politicien de 47 ans diplômé en droit de la prestigieuse université d'Harvard et sénateur de l'Illinois, le démocrate était l'homme idéal face à une Amérique meurtrie par le terrorisme et deux guerres.

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Avec son slogan « Yes we can » il incarnait le changement mais surtout l'espoir pour des millions d'Américains déçus par l'ère Bush.

Brillant orateur, physique de jeune premier, Barack Obama rassemble une Amérique pourtant désunie et tente de réconcilier le monde avec celle-ci après le terrible fossé creusé par son prédécesseur Georges W. Bush.

Deux bilans en dents de scie (2008 - 2012)

Face à une crise économique et financière historique, un système de santé désastreux, des relations tendues avec la Russie de Vladimir Poutine, des liens presque rompus avec Israël et Cuba et de nombreux autres problèmes internes liés entre autre à l'éducation et à l'immigration, l'année 2009 s'annonce très active.

Prendre part aux problèmes internes

Parmi les plus grands chantiers de son premier mandat celui de l'économie était sans doute l'un des plus gros.

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Grâce à un plan de relance de 787 milliards de dollars Barack Obama a su éviter le pire mais pas de miracle pour autant, le chômage est toujours présent, il touche par ailleurs plus de 8% de la population américaine en novembre 2009, un chiffre qui ne cesse de déprécier, en octobre 2013 il est de 7,3%.

D'autre part, la loi Dodd-Franck du nom de ses précurseurs, l'ancien sénateur démocrate du Connecticut Christopher Dodd et le député Barney Franck, est signée par le président américain en juillet 2010 pour mettre un terme aux excès de Wall Street. Celle-ci fait suite à la crise des subprimes qui fait rage aux États-Unis. Elle prévoit notamment le renforcement des pouvoirs de la Banque Centrale et l'instauration d'un plan de sauvetage pour les institutions financières.

De son côté l'automobile ne fait pas exception à ce cataclysme économique. En 2008, les deux grands constructeurs automobiles General Motors et Chrysler font face à de lourdes dettes. L'administration Obama lance alors un plan de sauvetage en débloquant 81 milliards de dollars de fonds publics pour relancer l'automobile, General Motors retourne en bourse en 2010 et redevient numéro un des fabricants automobiles.

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Une politique étrangère inerte

Concernant le retrait des troupes militaires d'Afghanistan et d'Irak, Barack Obama a tenu sa parole. Dès 2011, les forces américaines quittent progressivement l'Irak mais les problèmes survenus en Irak et en Afghanistan n'ont pourtant pas été résolu jusqu'à présent.

Durant ces deux mandats l'administration Obama a clairement priorisé les problèmes internes du pays délaissant presque la politique étrangère. La relation entre Cuba et les États-Unis se réchauffe peu à peu, la poignée de main historique entre Barack Obama et Raul Castro survenu lors de l'hommage à l'ancien président sud-africain Nelson Mandela en est sans doute pour quelque chose mais celle-ci n'enlève en rien le demi-siècle de conflit entre Cuba et les États-Unis. Le conflit diplomatique entre les deux pays dure déjà depuis 1961. S'il est réducteur d'utiliser le terme de « guerre froide » pour qualifier la relation entre les États-Unis et la Russie, la réalité est bien là. La Russie garde encore des séquelles de cette période historique pourtant si lointaine, les ressentiments des Russes se retrouvent dans les discours anti-américanisme de Vladimir Poutine. Du côté d'Israel et de la Palestine le bilan reste désolant, la question du nucléaire iranien reste sans réponse probante mais pourrait s'en aller vers des négociations dans un futur proche. L'Afrique et le monde arabe sont quant à eux effacés des radars avec le retrait progressif des troupes américaines d'Afghanistan fin 2014. Le lien entre l'Europe et les États-Unis reste entaché par les scandales des écoutes de la NSA. Seul point positif de cette politique étrangère, l'Asie berceau incontestable de l'économie et du commerce.

« Obamacare » un legs qui restera dans les mémoires

S'il y a bien un chantier qui restera dans les annales c'est bien celui de la réforme de santé qui a causé bien des problèmes au président américain. Lors de son premier mandat il promet une politique de relance et une réforme du système de santé américain pour permettre à un grand nombre d'Américains d'avoir accès aux soins de santé, une réforme qui connaît pourtant des débuts difficiles en octobre 2013. Si l'adoption de cette audacieuse réforme est une petite victoire il n'en demeure pas moins que le site healthcare.gov sur lequel les citoyens Américains doivent choisir un plan d'assurance santé ne compte que 1,5% d'inscrits dès les premiers mois de son application, un aspect sombre pour cette réforme placée au cœur de la campagne de 2008.

Des chantiers inachevés, de nombreux progrès encore à faire en matière d'immigration et d'environnement mais surtout un renouvèlement du dialogue immédiat à entreprendre avec l'Amérique Latine, l'Afrique et la Russie. Voilà les principaux enjeux à réaliser par Barack Obama avant la fin de son ultime mandat si aucun résultat ne subsiste d'ici là il restera de lourdes tâches à effectuer pour le prochain président des États-Unis.

Pour les élections américaines de 2016, les noms d'Hillary Clinton secrétaire d'État dans l'administration de Barack Obama, Joe Biden l'actuel vice-président, Andrew Cuomo le gouverneur de l'état de New York et Elizabeth Warren avocate et sénatrice pour le Massachusetts commencent à courir pour le camp des démocrates. Du côté républicain on pourra probablement voir Paul Ryan qui représente le Wisconsin et colistier du candidat Mitt Romney durant les élections présidentielles de 2012, Chris Christie le 55ème gouverneur de l'état du New Jersey, le sénateur de Floride Marco Rubio ou encore Condolezza Rice l'ancienne secrétaire d'état dans l'administration Bush compter parmi les candidats républicains. Lequel de ces candidats saura prendre le flambeau pour remettre l'Amérique sur le droit chemin? #Élections