Dès les premières heures du Dimanche 27 juillet 2014, la localité de Kolofata, département du Mayo Sava, dans la Région de l'Extrême-nord a essuyé une attaque des assaillants. Cette attaque selon des sources locales, a débuté aux environs de 5 heures et s'est déroulée jusqu'aux encablures de 9 heures. Il s'agit selon toute vraisemblance, d'un bataillon, estimé à un peu plus de 200 personnes lourdement armées, qui s'est attaqué au domicile de Amadou Ali, le vice Premier ministre en charge des Relations avec les Assemblées. Une armée qui, aux dires des populations témoins, est arrivé sur les lieux en trois vagues. Ils y feront une dizaine de prisonniers dont l'épouse du Vice-PM et son garde de corps, non sans avoir causé incendie.

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Par la suite ils s'attaqueront au Lamidat de Kolofata, faisant pour otages le Dr Seini Boukar Lamine, le Lamido, par ailleurs, maire de la commune de Kolofata, et neuf membres de sa famille.

Des sources révèlent que seuls deux enfants, respectivement âgés de 10 et 6 ans, sur les sites respectivement sinistrés, ont échappés Le bilan non officiel de ces attaques fait donc état d'otages et d'environ une quinzaine morts parmi lesquels on compte le cousin, le maître d'hôtel, le gardien et le frère cadet du Vice-PM, quatre personnes tués chez le Sultan maire, un infirmier qui rentrait de garde et un anonyme. Un confrère de la télévision nationale indique sur un forum, que « du coté de nos forces de défense, un premier bilan fait état de quatre éléments tombés lors des échanges de tirs ».

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Des sources concordantes indiquent aussi que sept militaires et 1 civil blessés ont été évacués à l'hôpital Régional de Maroua. Outre le bilan humain, de nombreux dégâts et pertes matériels sont enregistrés, dont 4 véhicules du vice-PM, 01 véhicule de Viettel, 01 Land Cruiser du Bataillon d'Intervention Rapide (Bir) emportés par les assaillants. Nonobstant le saccage et l'incendie du domicile du vice PM et du Lamidat

L'identité réelle de ces assaillants apparait d'ors-et-déjà tel un serpent de mer. En effet, « C'est un groupe de malfrats sous l'étiquette de Boko Haram qui cause l'insécurité transfrontalière », selon le préfet du Mayo-Sava, Babila Akaou. Ce qui augure du phénomène de grand banditisme. Cependant, Le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, dans sa sortie médiatique de ce dimanche lugubre, en fin d'après midi, lisant une déclaration du gouvernement condamnant ses assauts, a clairement pointé un doigt accusateur sur Boko Haram : « Tôt ce matin du dimanche 27 juillet 2014, la localité de Kolofata dans le département du Mayo-Sava, dans la Région de l'Extrême-nord, a fait l'objet d'une agression et d'une violence inqualifiable, de la part de l'organisation Boko Haram ».

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Une chose cependant s'avère claire, les attaques de Kolofata visaient principalement et à coup sûr le vice Premier ministre, qui visiblement aurait été suivi. Car selon des témoins de cet autre théâtre, les assaillants ont demandé Amadou Ali (qui arrivé à Maroua par vol la veille, a ajourné son déplacement pour Kolofata, laissant partir les membres de sa famille, à bord de quatre véhicules), son épouse, deux Américaines qui sont en service à l'hôpital de Kolofata, ainsi que de l'argent.

Parlant d'argent ce serait bien là la pomme de discorde Selon Oumarou Moktar. Le journaliste de L'œil du Sahel, un journal spécialisé dans l'actualité autour du septentrion camerounais, a indiqué à ce propos que : « les assaillants qui ont opérés ce matin avaient prévenu à l'avance l'entourage du vice premier ministre Amadou Ali qu'ils séviront ce weekend à Kolofata si jamais le vice premier ministre ne leur restituait pas le solde de la rançon qui a aboutie à la libération de la famille Laurent Fournier ». Mais il serait également question du solde de la libération du Père Georges Vandenbeuch selon ce même journal.

Cet état de choses laisse prospérer la thèse selon laquelle, l'attaque de Kolofata, serait l'œuvre des « Kanuris » de l'Extrême -Nord, dont Amadou Ali est crédité de lien de parenté, qui agiraient sous le couvert de Boko Haram. Et donc ce serait un règlement de compte familial.

Infos ou intox, aux dernières nouvelles non encore confirmées, l'épouse du vice Premier ministre enlevée dimanche, aurait été remise en liberté.

Qu'à cela ne tienne, quoique le Ministre de la Communication dimanche lors de sa sortie a laissé entendre, « à l'heure actuelle, nous ne disposons pas de toutes les données nous permettant de fournir une information plus complète sur les circonstances et le bilan exacts de cette attaque », il a relevé : « Nous sommes néanmoins à même d'indiquer que nos forces de défense et de sécurité ont vigoureusement riposté contre cette agression barbare, et contraint l'ennemi à battre en retraite ». Par ailleurs, Issa Tchiroma Bakary s'est voulu rassurant : « Je saisi de cette occasion pour réitérer, à l'intension de nos populations et de la communauté internationale, la détermination inébranlable du Chef de l'État, Son Excellence Paul Biya, à défendre l'intégrité territoriale du Cameroun, et à protéger sur l'ensemble du territoire national, les femmes et les hommes qui y vivent, ainsi que les biens qui leur appartiennent. »