Nous assistons, depuis quelques temps déjà, à bien des tragédies qui bientôt vont remplir les pages du "Guiness" tant sont grandes la régularité des catastrophes d'une part, et la valse mensongère à mille temps d'autre part. Avant d'être une mamie retraitée j'ai longtemps occupé un poste "responsable" au sein d'une entreprise spécialisée dans la fabrication des moules servant à l'injection des matières plastiques dans un secteur grandement industrialisé, tant en France qu'en Europe ou ailleurs. Nous nous étions infiltrés, par notre savoir, au rang des meilleurs, je le dis sans vergogne, parce que dans ces secteurs dont est l'aviation, il n'y a pas de figurants, mais que de bons acteurs.

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 Alors me direz-vous, pourquoi ces catastrophes à répétitions? Qui se cache derrière cela, l'irresponsabilité, l'amateurisme? Non, rien de tout cela, je vous l'affirme en connaissance de cause.

Dans toutes les spéculations faites à tous les niveaux concernés, ou pas, il y a ce qui est connu, et ce qui ne l'est pas. Mais en toutes choses, Il faut arrêter de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes, l'usage n'est pas le même. Lorsqu'un appareil roule sur le tarnac, prêt à s'envoler ou bien a atterrir, il faut arriver à s'imaginer tous les protocoles qui ont conduits des milliers d'hommes et de femmes à oeuvrer pour concrétiser la pensée et le savoir-faire qui, des bureaux d'études ou la matière grise est sollicitée, jusqu'aux chaines d'assemblages ou la sueur est demandée.

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Mais il est difficile dans notre société de concevoir une réalité lorsque cette dernière n'est plus une fiction virtuelle mais une réalité physique correspondant à la vie de l'homme en tant que tel. Il en a toujours été ainsi, déjà au temps des "faucheurs de marguerite" où ce qui était défini comme un "coucou" jusqu'à ces super avions magnifiques, transporteurs de centaines de passagers qui demeurent des hommes. Un passager est un humain; pétrit de chair et de sang, un humain vibre, souffre, meurt aussi mais ces messieurs de la finances l'ont oublié. Si l'avion se crash, le sang coule. Ces appareils paraissent forts et indestructibles, mais les évènements actuelles tendent à nous démonter les contraires et nous rappeler la réalité dans la seule vérité : il n'est rien qui ne puisse être détruit, ni machine ni homme.

Nous avons assisté à une très forte et rapide évolution de ces ingénieurs que l'on définis comme des avionneurs, mais ce sont de grands concepteurs un peu visionnaire comme seuls l'étaient des hommes comme Léonard de Vinci imaginant un appareil proche de l'hélicoptère moderne, ou plus près de nous, Jules Verne et son voyage sur la lune.

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Les concepteurs modernes ont dépassés la capacité de mettre leurs pensées sur papier, ils les ont sorties du néant pour en faire des réalisations monstrueuses et pourtant banalisées par le modernisme qui nous avale comme bouchée de pain. Dans le tournage du film "Les Temps Modernes" Charlot mettait très bien en évidence l'avenir de l'ouvrier travaillant à la chaîne. Avant la robotisation des chaîne de montage, il en était quasiment ainsi dans les grandes entreprises dites modernes. Ce qui n'était malheureusement pas aperçu, ce qui se démarqua que bien trop tard, c'était le manque d'humanité concernant les travailleurs, et le peu de cas dont ont en faisait déjà. Un seul mot : RENTABILITE" et rien d'autre. Qu'importe comment cela était perçu alors, c'était "dégagez, y'a rien a voir" ou plus encore "si t'es pas content, il y en a d'autres qui attendent derrière la parte". C'était ainsi, et il y a que très peu d'évolution dans le sujet. "RENTABILITE" Encore, et a n'importe quel prix, même au prix du sang. Oui, je dis bien au prix du sang, et c'est la réalité. Il n'y a rien d'imaginatif ni même d'envie de dramatiser, non, mais seulement un aboutissement dévoilé qui n'est pas révélé parce que honteux. C'est ça la vérité! La honte devrait être à l'ordre du jour, mais elle n'est pas, en fait, elle n'a plus cours. Ringarde la honte, plus d'actualité.

J'ai le souvenir d'avoir travaillé dans des conditions ou le respect était le "maître-mot" : respect des hommes et femmes oeuvrant à tous les niveaux, des cahiers des charges, respect des concepteurs, des donneurs d'ordres et du produit fini. Je me souviens de notre fierté d'avoir apporté une once de notre savoir-faire dans la réalisation d'une chaîne d'appareils français connus dans le monde entier. J'ai la fierté d'avoir vu comment tout s'imbriquait pour que le nom de notre entreprise figure au palmarès de la créativité française, fleuron parmi les meilleurs. Puis peu à peu arriva ce qui à ce jour nous pourri la vie à tous : minimiser les coûts et cela à n'importe quel prix afin de sortir les nations de leur marasme industriel, sans tenir compte qu'il y a des temps ou plus rien ne peut être à cause des restrictions budgétaires assassines. C'est à cela que les accidents, peux nombreux lors de la flambée des flottes aéronautiques, sont devenus les vedettes des journaux télévisés, et la réalité dépasse peut-être la fiction, mais il faut savoir affronter l'une afin de faire face à l'autre et ne plus rien accepter qui détruit l'image du savoir-faire humain. L'homme a été remplacé par des machines robotiques mais l'homme n'est pas un robot.

Nous avons fournis des produits pour une gamme d'avions connue et appréciée de la France comme des pays étrangers qui les achètent de manière régulière. C'est un pactole pour notre économie. Mais là ou le bât blesse, c'est comment sont répartis les appels d'offres et comment sont répertoriés les potentiels Maîtres d'Oeuvre : non plus par le savoir, mais par la façon dont ils sont prêts à se déboutonner afin de garder leurs parts de marchés, ce qui inclus, entre autre, une obligation de prendre une participation financière au prorata du chiffre d'affaires réalisé, procédé digne des grands margoulins d'autrefois, de la mafia d'aujourd'hui, sur leurs stocks de matières déclarées obsolletes. A cela, il y a aussi des agissements encore plus graves et dégradants pour l'industrie : une obligation de baisser les prix unitaires entre 10 et 20%, mais ce n'est pas pour autant que ces baisses sont répercutées à la vente. .

Savez-vous que de par ces agissements que je qualifie de frauduleux, il existent des fractures microscopiques appelées failles techniques dans la matière fusionnée qui risquent d'entraîner des graves problèmes et qui ne seront probablement jamais descellés à l'oeil nu? Et c'est pourquoi nous assistons à une dégradation importante des fabrications industrielles de notre pays, soucieuse de produire mais à moindre coût. Aujourd'hui nous sommes entrés dans l'ère de la rentabilité à tous prix, et à une politique salariale abusive, digne du temps d'Emile Zola, lorsque ce dernier parlait avec justesse, des grandes injustices des pouvoirs des grandes entreprises industrielles. Nous avons pour habitude de clamer des maximes du genre qu'il n'est rien de nouveau sous le soleil. Le croyez-vous? Moi je dit que cela est vrai, et que ce qui a été est encore actuellement le principe de base de la pensée de ceux qui manipulent tout ce qui est lié à l'argent. Les avions, tout comme les trains, l'aérien comme le ferroviaire, unis dans le même profil : rentabilité, baisse des coûts à la production, et au bout du compte : crashs et mortalité excessive. 

Après cela, il faut rendre des compte aux citoyens qui ne se laissent plus berner par quelques explications évasives. Ils sont éduqués, paient impôts et veulent savoir, c'est ça aussi la démocratie des peuples. Un avion qui termine sa course sur le plancher des des vaches, cela mérite une explication, tout comme un train qui quitte ses rails par régression économique, ou lorsqu'un bateau trop vieux remis au rancart à cause de sa vétusté qui va se transformer en navire de plaisance, voir de croisière pour un grand nombre; C'est Cendrillon et la citrouille transformée en carrosse. Mais il ne faut pas oublier ceci : ses pantoufles de la fille ne sont que fragilité. Des morts, encore des morts, et l'eau coule sous les ponts et les larmes sur les joues. C'est de la démence. Lorsqu'il est proposé par des compagnies, qu'importe leur nationalité, des prix défiant toute concurrence, est-ce que cela n'interpelle personne? Quand vous allez vous embarquer à bord de ces appareils, un conseil : ce n'est pas vos ceintures qu'il vous faut attacher, mais bien plutôt reconsidérer la vos assurances-vies.

Lorsqu'un appareil vit une "deuxième", voir une "troisième" vie, considérez ce qu'il est en usure et faites preuve d'intelligence : comment de pareils tarifs peuvent être proposés sur des appareils des grandes lignes? Ce n'est pas quelques services ce ci de là qui feront la différence, mais bel et bien la rentabilité sur les marges de fabrication, et la qualité des matières premières. Je vous le dis en vérité, c'est pure réalité. Des matières qui se devaient être "vierge" (sans aucune manipulation de chaleur, de torsion, de rien de tout cela) mise en vente avec dans les lots mêmes des pièces métalliques microscopiques qui ne peuvent pas se mélanger au plastique et qui sera alors néfaste à la pièce industrielle. C'est peut-être cela la prochaine faille qui conduira l'appareil à la casse et les hommes à la morgue. Mais qui va oser avouer cette supercherie qui se produit au nom de la rentabilité du coût? Regardez du temps des "Caravelles" de fabrication françaises, combien d'avions réduits à l'état de ces avions modernes tombés en flèches sur le sol? Très peu, comparé à ce qui se vit aujourd'hui.

Lorsque nous sommes appelés à nous poser des questions, il faut savoir se poser celles qui nécessitent réponses. Les grandes industries continuent à se "beurrer la tartine" mais à quel prix? Et après cela ils jouent les étonnés et cherches des coupables boucs émissaires. Si nous voulons voir évoluer autrement les attitudes et les pensées, il faut revoir la copie dès le départ. Jadis, un maître d'école, une institutrice que nous appelions respectueusement monsieur ou bien madame, exigeaient la perfection orthographique ou celle de l'expression grammaticale. Tout à changé et le texto permet mille et une frivolités de langage et d'écriture. Est-ce cela le progrès? Je ne saurais pas le dire, mais ce que je sais, c'est que si nous ne redressons pas la barre de l'intelligence ordonnée et logique, nous assisterons de plus en plus à ces scènes de larmes engendrées par le chagrin mais aussi la colère de l'incompréhension. Nous avons une bonne réputation dans le domaine de l'aéronautique, de l'aérospatiale, et bien des pays nous achètent notre technicité. Mais lorsque nous savons comment les acheteurs deviennent des rapaces avides de bénéfices sur le dos de chacun, marchants de frittes lorsqu'il s'agit de faire des économies, nous pouvons alors comprendre qu'il n'est plus question ici des vies humaines, qui ne pèsent rien dans la balance, mais du commerce extérieur qui prend sa signification dans la balance économique et le bilan national.

Vous pleurez? Je pense à vous parce que le temps ne nous appartient pas et que lorsqu'à l'horloge du temps arrive le nôtre, nous n'y pouvons pas grand chose; Mais lorsque les aiguilles de l'horloge jouent la sarabande et s'affolent au cadran non pas par négligence, mais par avidité, alors je suis encore plus attristée. Faut-il d'autres morts, d'autres blessures, d'autres drames pour qu'enfin cesse cette escalade avide d'un gain qui devient honteux par son coût qui est le prix du sang?

Posez-vous la bonne question, posons-nous la bonne question, parce qu'il faut cesser de vouloir dédramatiser les événements pour les ramener à une défaillance humaine, à une défaillance du temps. Messieurs les orgueilleux qui agissez pareillement, je vous conseille la lecture d'ouvrages tels "le bûcher des vanités" et "Orgueil et préjugés" sans oublier ceux inoubliables d'Emile Zola qui pourrait peut-être crier à la face de ceux qui deviennent organisateurs de ces destins brisés le fameux "j'accuse".