Après la fuite de plusieurs sujets du baccalauréat de cette année et la passivité des autorités Guinéennes, les résultats sortent en fin. Cette année, ils étaient soixante-quatre mille six cents quarante-neuf (64.649) candidats à passer le baccalauréat à travers la Guinée. Il s'est déroulé du 30 juin au 4 juillets derniers. Un examen caractérisé par une fuite sans précédent. Des sujets avec des forts coefficients (Français, Physique, Chimie, Philosophie, Histoire, notamment), se sont retrouvés dans les mains des élèves avant leur lancement officiel dans les salles d'examen.

La forte médiatisation de ces différentes fraudes par la presse locale n'a pas pu amener les autorités en charge de l'éducation à annuler l'évaluation, comme le souhaitaient plusieurs citoyens.

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Le ministre de l'éducation nationale n'a pas accepté de confirmer les fuites en dépit de la fraude généralisée. Ibrahima Kourouma s'est contenté d'annoncer qu'une enquête sera diligentée pour tirer au clair cette affaire qui a défrayé la chronique. Une mesure qui a du mal à convaincre et qui laisse les Guinéens sur leur faim car les résultats de l'examen en question sont déjà publiés. Ces soi-disant enquêtes serviront à quoi ? s'interroge-t-on.

Plusieurs enseignants et étudiants ont été contactés nuitamment au cours du baccalauréat par des candidats en possession des sujets du lendemain. « Mon téléphone a sonné, il était 2 heures du matin (Ndlr 2heures TU), je décroche c'était un mes petits qui souhaitait que je l'aide à traiter un sujet de français. Un sujet qui portait sur la liberté de l'individu. (…). Je fais le travail pour lui et le lendemain c'est le même sujet qui a été donné au baccalauréat », nous confie un étudiant sous couvert de l'anonymat.

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Un responsable d'une école privée de Conakry dans la commune Matoto nous fait des révélations fracassantes. Il témoigne que « des sujets traités étaient vendus chaque soir à l'Institut National de Recherche scientifique et d'Action Pédagogique INRAP », situé à Dixinn à l'entrée du centre-ville de Conakry. Il n'est inutile de signaler que la direction du service national des examens et concours a son siège à l'INRAP. Et c'est ce service qui s'occupe du choix des sujets et de toute l'organisation des examens nationaux.

Le samedi 19 juillet dernier, soit 15 jours après la fin du pire baccalauréat des dernières années en Guinée selon plusieurs observateurs, les résultats ont été rendus publics. Les statistiques se présentent comme suit: en sciences expérimentales, on enregistre trois mille sept cents dix-neuf (3 719) moyennant soit 33,91%. En sciences mathématiques, six mille trois cents quatre-vingt-quatre (6 384) sont déclarés admis, soit 53,96% et en sciences sociales, onze mille six cents quatre-vingt-dix-sept (11 697) lycéens vont se retrouver à l'université, ce qui fait 28,45%.

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Malgré les fraudes énormes qui ont entaché cet examen, ce sont au total 34,23% des candidats qui ont eu leurs ''tickets jaunes'' pour l'université.

Cette évaluation chaotique va ternir davantage l'image de l'enseignement guinéen, qui n'est, non plus reluisante. Les lauréats du baccalauréat de cette session 2014 risquent d'être privés des bourses leur permettant d'aller poursuivre les études à l'étranger, le plus souvent en Europe et en Afrique du nord notamment au Maroc. #Ecole