Le Sénégal est jusque-là, l'un des rares pays épargnés par les putschs et guerres interethniques qui sévissent en Afrique. Néanmoins, la paix civile semble se fragiliser de plus en plus, dans ce pays où le gouvernement pose des actes pas catholiques, selon une grande majorité des politiques et populations. La démocratie se fragilise sérieusement, un avis largement partagé au «pays de la Téranga» (pays de l'hospitalité).

Depuis la résurrection de la CREI (cour de répression de l'enrichissement illicite) par le 4ém président de la République Sénégalaise Macky Sall, les opposants au régime de ce dernier se sentent traqués, visés par une juridiction qui ne cherche, selon eux, qu'à les priver de leur liberté et des biens qu'ils détiennent.

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Car, Macky Sall et son gouvernement semblent se servir des moyens légaux pour assouvir une soif de vengeance inextensible sur les anciens dignitaires et barons du défunt pouvoir. Cela a commencé par l'emprisonnement sans raison de Karim Meïssa Wade, fils de l'ancien président Abdoulaye Wade et par ailleurs ancien ministre avec quatre portefeuilles. Depuis plus d'un an, ce dernier est en prison alors que les preuves de ce dont l'accuse l'actuel pouvoir sont loin d'être réunis. Les populations qui au début du règne de Macky Sall voyaient en cet un acte un signal fort d'une rupture dans la gestion des deniers publics, sont aujourd'hui perplexes, tantôt désespérés, regrettant d'avoir élu en 2012 le chef de l'APR. Puisque les opposants sont persécutés, intimidés et harcelés, tous étant menacés d'emprisonnement par l'actuelle CREI dont la légitimité est fortement contestée par les juristes sénégalais.

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Avec l'incarcération décriée des anciens du régime, le pouvoir d'achat des sénégalais régressant considérablement durant les deux de règne de Macky Sall, les problèmes des étudiants qui sont tout le temps en grève et les dérives répétées des proches du président et certains proches ou membres du gouvernement lors des dernières élections municipales, la tension est à son comble, les critiques négatives contre Macky Sall se multiplient. Le feu couve donc petit à petit d'un peu partout, dans tous les secteurs, l'éducation, la santé, le privé etc.

Et, tout risque de s'embraser du jour au lendemain surtout sur le plan politique. Dernièrement le député Maire Abdoulaye Baldé a été convoqué par cette juridiction, la CREI pour qu'il se justifie sur son patrimoine, lequel l'on aurait calculé en y ajoutant ceux de ses proches. Un autre député Abdou Sané, venu soutenir son ami a été malmené par les policiers alors qu'il était en pleine interview avec la presse sénégalaise. Quant à la presse, la liberté de parler de tout et d'informer n'existe que de noms.

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Les journalistes sont souvent victimes de cabales montées de toutes pièces pour les écarter et les faire taire. D'aucuns sont en prison, pour des raisons dérisoires comme ce fut le cas de Mame Maty Fall, Cheikh Yérim Seck etc. Les résultats des élections municipales ont engendré directement un remaniement au gouvernement où certains déchus ruminent leur colère et menacent de déballer, de ne pas se laisser faire. La nomination de certaines personnes a aussi occasion l'ire des populations qui doutent désormais de la capacité de Macky Sall à diriger le Sénégal après deux ans à tâtonner et à chercher le bon entourage. La démocratie n'existe que de nom et la remarque est largement partagée dans le milieu des intellectuels et la plupart des sénégalais. Ils s'attendent à ce qu'actuel président de la République ne termine pas son mandant, qu'il ferait mieux pour certains, de confier le pouvoir aux militaires. #Élections