Malgré une frontière commune avec la Guinée, pays d’où est partie la fièvre Ebola, cette maladie ne fait l’objet d’aucun cas signalé au Sénégal. Les autorités du pays n’en ont pas pris pour autant des moyens préventifs pour parer à toute éventualité. Les autorités sont dans de nombreuses activités de sensibilisation et ont la main lourde pour ceux tentés de badiner avec ce virus.

Entre la Guinée, le Libéria, la Sierra Leone, le Nigeria voire l’Espagne, si on intègre le vieux prêtre mort après avoir été ramené à Madrid, le virus Ebola dresse en quelques mois un tableau macabre. Environ 1100 ! Voilà le nombre de morts enregistrés, en plus des innombrables désagréments causés au pays touchés, entre autres mise en quarantaine, contrôles aux aéroports et points d’entrée, obligation pour deux Chefs d’Etat d’annuler leur participation au récent sommet Etats-Unis-Afrique à Washington.

Le Président sénégalais Macky Sall y était lui et a même mis à contribution son séjour américain pour mener d’autres activités. Parce que le virus Ebola n’est pas noté au Sénégal. Ce n’est pas pour autant l’occasion d’en rire. Bien au contraire, le gouvernement sénégalais a pris les devants pour ne point se faire surprendre. Le Premier ministre a dirigé une réunion technique sur la question avec les ministres concernés et le premier d’entre eux, en charge de la Santé, a effectué, le lendemain, une visite dans une ville du Nord où un cas suspect fut noté. Une opportunité pour le ministre, ancienne fonctionnaire du système des Nations Unies principalement dans le domaine de la santé, d’apporter son soutien aux populations et de les rassurer quant à cette alerte…finalement fausse.

Bien avant tout cela, les médias publics, la télévision et la radio nationale, passent depuis quelques semaines des spots publicitaires pour sensibiliser les populations sur cette maladie en insistant sur les mesures à adopter notamment en cas de situation peu rassurante simplement suspecte.

L’on aura surtout noté et pour confirmer cette prise au sérieux de la question qu’un journaliste a été condamné pour « diffusion de fausses informations » sur Ebola. Ce Directeur de publication d’un quotidien d’informations dakarois a été jugé en flagrant délit ce jeudi 14 août au Tribunal de Dakar après que son journal fit cas de 5 cas noté au Sénégal. Convoqué, en garde à vue puis déféré, le journaliste a été condamné à une année avec sursis, peine assortie d’une amende de 500.000 Cfa. Au passage, « l’irresponsabilité » du diffuseur de cette information a été mise en épingle et des appels à plus de vigilance sur la façon d’aborder cette maladie lancés. Toutes choses pour permettre de mesurer les conséquences que pouvaient entrainer au Sénégal la véracité de cas de malades d’Ebola. On a pensé notamment à l’interdiction que pourrait se voir opposer les milliers de pèlerins musulmans sénégalais à destination de la Mecque et de Médine, en Arabie Saoudite, pour l’un des piliers de l’Islam les plus importants.