Le Président sénégalais Macky Sall tient à sa promesse faite pendant la campagne pour son élection en 2012 de réduire son mandat de sept à cinq ans. Son choix d’un référendum pour trancher la question divise aussi bien la classe politique que les observateurs. Tout ce beau monde n’a d’ailleurs pas attendu d’être édifié sur une date éventuelle de cette consultation pour prendre parti. Entre «pro» et «anti» référendum, en plus des prêcheurs d’autres voies, les camps ont presque fini de se constituer. Chacun bien évidemment avec ses arguments pour convaincre, ou en tout cas au moins de faire comprendre.

A l’origine de cette question, prise pour une simple promesse de campagne parmi la foultitude faite par l’alors candidat Macky Sall, il y avait sa volonté de faire en sorte que le président de la République ne s’éternise plus au pouvoir. Et que, la durée, courte de son mandat, l’oblige à hâter le pas pour présenter un bilan acceptable à terme. Dans un contexte marqué par la bataille contre un pouvoir vieux de 12 ans, celui de Wade, doublé par l’intention prêtée à ce dernier de se faire succéder par son fils, la proposition de Macky Sall avait de quoi séduire. Elle fut incontestablement d’un apport pour son élection.

Toutefois, à l’épreuve du pouvoir, beaucoup parmi ses partisans se ravisèrent arguant notamment que cinq ans étaient peu. Le Président Macky Sall n’a point transigé avant de profiter d’un récent voyage aux Etats-Unis pour sortir de son chapeau la voie référendaire. Laquelle est une parmi d’autres, comme soumettre la question à l’Assemblée Nationale où la majorité mécanique de son camp lui aurait assuré un plébiscite, plus qu’une victoire. Aussi, ne manque-t-on pas de s’interroger sur ce choix du scrutin populaire qui, dans une ambiance de fortes contestations et de manifestations de mécontentements, ne lui assure guère de victoire.

A moins que ce ne soit pour lui le choix délibéré de se soumettre à la sanction populaire et de mieux sonner la remobilisation de ses troupes pour les échéances électorales futures. Vu surtout que les locales du 29 juin passé, avec la perte de grandes villes comme Thiès, Ziguinchor, Dakar ont du sonner l’alerte. Ce sont là autant de questions que charrie le référendum envisagé par le Président de la République pour la réduction de son mandat des sept ans conférés par la Constitution aux cinq ans de sa volonté. Ce qui, comme souligné par certains spécialistes et politiques, est une volonté personnelle. Par conséquent, une démission au bout des cinq ans, en 2017, aurait pu aussi être une voie, permettant au Sénégal d’économiser les efforts financiers et en temps d’un référendum.