Un étudiant de l’université de Dakar a succombé à ses blessures ce jeudi 14 août, après avoir reçu une balle des forces de l’ordre durant une manifestation. Le défunt et ses camarades réclamaient le payement des bourses.

Dans une situation d’instabilité depuis de longues semaines, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a connu, cette semaine, l’escalade. Suite à un affrontement avec les forces de l’ordre, un étudiant a reçu une balle et a perdu la vie tard dans la soirée. Le gouvernement a émis un communiqué pour regretter cet incident malheureux, tout comme le lendemain le ministre de l’Intérieur a conduit une délégation pour présenter des condoléances à la famille du défunt. C’était à Diourbel, au centre du pays…La délégation ministérielle n’a pas une mission facile, tant les parents de la victime sont outrés par cette mort. Idem pour les étudiants partis tôt à la morgue de l’Hôpital Principal de Dakar dans l’espoir d’accompagner leur camarade à sa dernière demeure.

La rumeur a même couru ce vendredi 15 août à propos d’une seconde victime. Sans confirmation finalement…Toutefois, les avis, commentaires et critiques ne cessent d’affluer pour déplorer cette énième mort. Ce n’est en effet pas la première fois qu’une mort d’étudiant est notée dans l’enceinte de l’université de Dakar, suite à des affrontements avec les forces de sécurité. Le plus célèbre cas étant survenu en 2001 sous le régime d’Abdoulaye Wade avec feu Balla Gaye. Une mort donc de plus qui, au-delà du malheur pose de façon plus criante la situation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le plus grand syndicat d’enseignants du Supérieur a ainsi suspendu tous ses cours et posé comme condition de reprise la démission, ou le limogeage, des deux ministres considérés comme responsables de cette regrettable situation. A savoir, les ministres de l’Intérieur et de l’Enseignement Supérieur.

Par le passé, des demandes de ce genre ont été formulées et même appliquées par les autorités, sans que le mal ne trouve finalement solution. L’université de Dakar se morfond davantage dans son instabilité, offrant plus l’occasion de voir des affrontements, grèves, entre autres, qu’une stabilité à même de conduire les étudiants vers une année académique normale. Généralement comprise entre novembre et juillet, cette dernière n’est plus aujourd’hui limitable dans le temps.

C’est dire que le mal de l’Enseignement Supérieur sénégalais est profond. Le pire c’est que, tant que la racine n’aura pas été coupée, l’espoir de sortir de l’ornière reste mince. Si d’ailleurs, il existe. Et avant toute chose, il faudra s’occuper du nombre très élevé d’étudiants dans cette université créée dans les années 50. Prévue pour moins de 25.000 pensionnaires, l’Ucad en reçoit actuellement près environ 100.000 après des efforts d’accompagnement en matière de logement notamment. Mais le problème reste entier. Et la mort de ce jeune étudiant en 1ere année de science ne laisse l’impression que d’une face visible de l’iceberg.