Michael Brown, un jeune afro-américain de 18 ans, a été abattu le 9 Août dernier par un policier blanc dans des circonstances encore floues. L’affaire qui fait présentement grand bruit aux États-Unis, remet sur le devant de la scène les vieilles blessures liées au racisme.

Dans la ville de Ferguson (Missouri) au centre des États-Unis, les émeutes prennent de l’ampleur depuis cette sombre affaire et le racisme est au cœur des débats. La mort du jeune Michael Brown suscite la colère des habitants de la ville et du pays entier mais aussi des internautes.

Dénoncer les clichés racistes

Depuis le début de l’affaire, les réseaux sociaux sont pris d’assault. Une photographie de la victime a été postée le montrant avec sa tenue de diplômé, quelques heures plus tard une nouvelle photographie du jeune homme circule dans les médias le montrant dans une posture peu flatteuse laissant penser qu’il pourrait appartenir à un gang. Sur Twitter on peut y lire la colère de la population afro-américaine avec notamment le hashtag #IfTheyGunnedMeDown qui sous entend que les médias ont une fâcheuse tendance à manipuler l’opinion publique grâce à des mises en scène photographiques. De nombreuses personnes ont alors posté deux photographies d’eux bien distinctes les montrant d’une part dans une position honorable puis dans une position presque grossière dans la seconde photographie pour mettre en lumière l’injustice dont fait figure une partie de la population.

Le racisme, tourment de l’Amérique d’aujourd’hui

Actuel fléau aux États-Unis, le racisme touche majoritairement la population afro-américaine et est présent depuis des décennies. Même les militants des droits civiques tels que Martin Luther King n’ont réussi à éradiquer le racisme. L’air Obama aurait pu atténuer la situation mais depuis l’arrivée de #Barack Obama à la gouvernance des États-Unis, la situation semble empirer. Après la réélection du président américain, une étude sur la géolocalisation de la haine en ligne montrait que le racisme se répandait principalement en Alabama, au Mississippi, en Géorgie ou dans le Dakota du Nord.

Une question d’identité ?

À l’époque du mouvement afro-américain des droits civiques, les noirs étaient privés de leurs droits, d’une place dans la société qui aurait normalement dû leur être attribué. Aujourd’hui le passé prend le pas sur le présent, Le noir d’hier devient l’«homme du ghetto ». Leur identité perdue, les jeunes noirs de la banlieue d’aujourd’hui sont vus de l’extérieur comme des personnes voulant amuser la galerie, trainant dans la rue tout en fumant de la marijuana à la recherche de sensations fortes. Les afro-américains représentent aujourd’hui environ 12% de la population globale, ceux qui vivent dans les ghettos urbains sont considérés comme la population presque oubliée par le gouvernement américain. Le chômage, la pauvreté, la délinquance font le quotidien de ces habitants des quartiers sensibles concentrés essentiellement dans les villes de New York, Détroit, la Nouvelle Orléans, Saint-Louis ou encore Chicago.

Pas de changement depuis Obama

Même l’accession de Barack Obama au plus haut poste politique n’y a rien changé En effet, la situation a montré que depuis huit ans le racisme est en progression tout comme le chômage chez les noirs. En 2009, le taux de chômage chez les noirs était de 15,7% contre 9,8% pour la population blanche, plus alarmant encore le taux de pauvreté chez les noirs était de 22% contre 8,7% pour les blancs ce qui montre l’inégalité flagrante entre la population blanche et la population noire, une inégalité d’ailleurs toujours présente en 2014.

L’affaire de Trayvon Martin, 17 ans, cet adolescent noir tué par un vigile blanc avait déjà secoué l’opinion publique et remis sur le devant de la scène la situation entre les noirs et les blancs dans un pays encore meurtri par les périodes d’esclavage de ségrégation raciale et de racisme. Cette nouvelle affaire mettant une nouvelle fois en scène un jeune noir tué par un blanc creuse davantage le fossé qui sépare les blancs des noirs et dénonce les clivages sociaux aux Etats-Unis.