Les Sénégalais sont nombreux à se souvenir, ce vendredi 26 septembre, de la tragédie du Joola, du nom de ce bateau disparu aux larges de la Gambie voilà maintenant 12 ans. La douleur reste tout de même vive chez les familles des victimes, à cause surtout des promesses non tenues par l'Etat sénégalais après l'accident à leur endroit.

Bien que le paquebot transatlantique britannique le Titanic disparu en avril 1912 soit plus célèbre, la plus grande tragédie maritime de l'Humanité concerne ce navire sénégalais reliant Dakar la capitale à Ziguinchor ville majeure du sud du pays. Le nombre de victimes du Joola est de plus de 1850 là où entre 1400 et 1500 furent enregistrés pour le Titanic.

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A l'origine de la tragédie du Joola il y a eu une combinaison de défaillances techniques et de négligence dans la gestion du trafic. Si le bateau avait repris la mer quelques semaines après une révision, il a été surtout dramatique de constater au moment du naufrage un nombre de passagers proche du quadruple de son contenu normal. Soit 500 places autorisées contre plus de 2000 embarqués à la survenue de l'accident.

Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que le bateau quittait un de ses ports d'attache avec un dépassement du nombre de passagers. Seulement cette fois, la proximité de la rentrée des classes avait créé une véritable ruée vers ce moyen de transport et de désenclavement de la région méridionale du Sénégal minée par une rébellion indépendantiste depuis 1982. Ce qui rend les voies terrestres peu sécurisées, malgré les efforts des soldats de l'Armée.

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Mis en mer en 1990, le Joola était salvateur dans les déplacements vers et en provenance de la région naturelle de la Casamance, mais sa gestion n'était pas que sans reproches et critiques. Auxquels, la tragédie survenue dans la nuit du 26 au 27 septembre a fini par donner raison.

Ce 27 septembre 2002, tout le Sénégal s'était réveillé avec la gueule de bois, la mine triste devant un accident de cette envergure. Le nombre élevé de morts faisait que dans une population d'environ 10 millions de personnes presque tout le monde se sentait touché, directement ou indirectement. Enfin, il y avait l'angoisse liée à la rareté des informations faisant qu'on ne savait presque pas grand-chose de ce qui s'était passé.

Au moment de commémorer les 12 ans de ce naufrage, ce même sentiment d'interrogations et d'incertitudes tenaille encore bien des familles de victimes, regroupés d'ailleurs dans une association. Ce, à cause principalement de la non tenue des promesses des autorités et la satisfaction des exigences des proches de victimes, à savoir le renflouement du bateau, la construction d'un monument aux disparus du Joola, la prise en charge des orphelins et une procédure judiciaire pour condamner les coupables.

Ce qui, après, aurait contribu