Le message des professionnels médicaux sanitaires qui se sont réunis à Douala les 5 et 6 août 2014, avait pour but de mettre les populations en garde par rapport à d'éventuels contact avec les animaux de brousse et la consommation de la viande dont l'origine de la mort était inconnue.

En outre, conscient de ce que les camerounais affectionnent le gibier, André Mama Fouda, le ministre camerounais en charge des questions de santé publique les a invités à «éviter le contact, le dépeçage et la consommation de la viande de brousse, particulièrement les singes, les chimpanzés, les gorilles, les antilopes et les chauves-souris réputés parmi les espèces soupçonnées d'être des vecteurs du virus d'Ebola".

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Des conseils qui semblent aujourd'hui tombés dans des oreilles de sourds.

Insuffisances



Pour comprendre cette surdité, il faut se rendre à l'évidence que le pays, malgré des sorties à répétition des autorités de la santé, ne connait pas une véritable communication de proximité. Quoique les média s'impliquent.

En outre lors de lors de sa dernière sortie médiatique sur le sujet Ebola, le gouverneur du Littoral Beti Assomo, visiblement soucieux du problème à avouer qu' « aucune structure hospitalière, n'a le matériel pour détecter Ebola, seul le Centre Pasteur du Cameroun, basé à Yaoundé, le peut» va-t-il souligner, devant les journalistes. C'est donc dire que la ville de Douala ne dispose pas de centre hospitalier capable de déterminer la maladie avec certitude. Et même Yaoundé manifeste une absence criarde.

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Car, le Soir un journal de Bruxelles, nous apprend que pour détecter le virus Ebola, un laboratoire de type P4 est incontournable. Seuls le Gabon et l'Afrique du Sud en disposent en Afrique, quoique le virus ait été détecté en Afrique de l'Ouest.

Cette situation n'alarme visiblement pas les populations les populations d'Ekong, une localité carrefour de l'arrondissement de Meyomessala, dans la région du Sud. La viande de brousse, c'est le label du coin. Du hérisson au lièvre en passant par la biche entre autre, elle y circule. C'est le principal commerce des femmes du coin. A la question , à l'une des jeunes vendeuses qui n'a pas souhaitée son nom mentionné, de savoir si elle est au courant que les autorités recommande qu'« il vaut mieux, ne plus consommer la viande de brousse pendant cette période », d'épidémie d'Ebola bien sûr, la réponse est des plus ostentatoire « est-ce que depuis que tu venu tu as entendu ou vu que Ebola est ici? ». Même Youssouf, venu de Sangmelima pour une visite à son frère travaillant dans une ferme du coin ne se fait guère de soucis « ici Ebola il meurt dans la marmite » rétorque celui qui ne connait encore mauvaise fortune.

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Une affirmation anodine qui, faut-il l'indiquer, corrobore avec celles de sources médicales, qui précisent que le virus n'est pas sensé vivre à une chaleur de plus de 60 degré Celsius. Cette situation d'insouciance semble quasi générale tant dans ce village que dans diverses localités même citadines dans la région du Sud, où l'on est friand de viande de brousse.

Cependant, il y existe des palliatifs à l'instar des poisson-chats (silures etc.) et autres tilapias que l'on retrouve dans la contrée en termes de « Ovianga », terme consacré pour désigner des mets succulents à base de poissons et surtout de viande, salées.