Le fret de bagages vers l'Afrique est un business qui rapporte gros, le marché est ouvert et florissant. Mais hélas, infesté de gens malintentionnés et d'escrocs se faisant passer pour convoyeurs de bagages. Arnaques, abus de confiance, vols de biens personnels et le travail au noir ne sont que quelques-uns des aléas de ce métier surtout à Paris.

Quel africain vivant en Europe n'envoie pas, soit de l'argent ou des biens aux siens ? Très rare ! A part les sous via différents moyens de transfert d'argent, ils envoient des bagages de toutes sortes allant des téléphones portables, tablettes et autres gadgets électroniques aux meubles, denrées alimentaires, habits...Ils envoient tout ce qui est susceptible d'être utile en Afrique.

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Du coup, le business autour de l'envoi de bagages vers l'Afrique est devenu prospère. Normal, combien d'africains vivent en France, surtout à Paris ? Car, c'est dans la capitale française où l'on compte le plus de convoyeurs de bagages. Il y en a qui sont bien organisés, qui ont ouvert des sociétés en règles évoluant dans ce domaine depuis des décennies. Ils ont gagné une bonne réputation et ont réussi à faire fortune dans cette activité qui, selon un employé qui requiert l'anonymat, «dirigé de mains de fer avec rigueur et sérieux, rapporte vraiment gros. On peut se faire de l'argent rapidement». Dans les fréquentés quartiers «africains» du 18ème arrondissement, les sociétés de fret de bagages pullulent. Dans chaque coin quasiment, untel transporte des affaires vers l'Afrique. Le prix change peu ou ne varie même pas.

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La tarification se fait en fonction des affaires, soit au poids ou au volume. Le kilo de bagage quand il s'agit de denrées alimentaires et d'habits est autour de 2,5 euros si l'envoi se fait par voie maritime et la destination. Sinon via l'avion qui bien plus rapide, il est de 6,5 euros. Quant aux téléviseurs, frigos, machine à laver, machine à café, four, gazinière ou microonde, matelas, lits, clic-clac et autre meubles volumineux le prix est fixé selon l'espace que chaque objet pourrait occuper. Une place d'un salon coute par exemple, 50 euros chez certains et 70 euros chez d'autres. Les fûts de la contenance de 220 litres, remplis de bagages divers, sont envoyés à partir de de 120 euros en fonction de la destination des affaires.

Les destinations : les Guinéens et Maliens réputés plus sérieux que les autres

Cela part dans tous les horizons. Le Sénégal, la Guinée Conakry, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Congo, bref toute l'Afrique est desservie ; certaines zones plus que d'autres.

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Chacun entreprend de faire du fret vers son pays, là où il est supposé avoir plus de facilités pour le dédouanement et moins de tracasseries, mais surtout des gens sur qui compter pour la distribution des bagages vers leurs destinataires. Mais parmi toutes les nationalités citées, les Guinéens et les Maliens sont les plus réputés sérieux et travailleurs. Ils respectent les délais de livraison, sont bien organisés et ne perdent pas les affaires des clients, témoignent plusieurs personnes interrogées sur le sujet. Seuls les Sénégalais et les Ivoiriens portent le bonnet d'âne. Beaucoup parmi eux sont indexés comme des affairistes pas réglos. Les plaintes des clients vers ces destinations sont plus récurrentes. Les délais de départ et de livraison ne sont pas respectés. Il est plusieurs fois arrivé que des colis ne soient pas parvenus à destination. Les victimes ne sont pas remboursées ou le sont difficilement. Parce que tantôt, ils ne parviennent plus à mettre la main sur le convoyeur qui, après son forfait déménage ou demeure injoignable sur son téléphone portable. Ou alors, il leur sert des excuses bidons du genre «le conteneur est au port mais retenu par la douane», «le bateau est en retard» ou si c'est par le route, «c'est au Maroc que nous avons été pillés».

L'abus de confiance est le lot quotidien de certains clients sénégalais qui, une fois bernés et truandés ne savent pas vers où se tourner. Pas de traces, qu'un seul reçu et une signature en bas d'un cachet marqué «payé», rien d'officiel, rien de sérieux. Pas d'assurance, pas de remboursement que des yeux pour pleurer et des prières pour les maudire.