Guerandi Mbara Goulondo l'impitoyable et le plus recherché des services secrets camerounais soulève des questions sur sa prétendue et récente disparition suite au Putsch du 6 Avril 1984 dont il aurait été le commanditaire qui visait à déstabiliser le pouvoir en place afin de renverser le président Paul Biya (nouvellement élu deux ans plus tôt). Sans vraiment lâcher prise depuis sa fuite de cette même année au Burkina Faso, ce capitaine des forces armées fruit de l’EMIA (Ecoles Militaires Interarmées) n'aura cessé de vouloir réitérer ses exploits en s'armant avec de nouveaux arguments contextuels et de nouvelles rencontres plus ou moins suspectes à travers l'Afrique et l'Europe. Récit d'un homme qui se voulait revanchard et aux idéaux quelque peu déshumanisantes face à un Cameroun peu réticent à un imminent retour en force.

L'homme à ses débuts.

Jeune sous-lieutenant fraichement sorti de l'EMIA le 20 Mai 1975 coïncidant avec la fête nationale camerounaise, il continu en allant suivre une formation en artillerie dans une académie de la Bundeswehr en Allemagne qui durera quelque années. De nature exhaustive, ce jeune sous-lieutenant n'en démord pas vis à vis de la politique mise en place suite au départ subit de l'ex président Ahmadou Ahidjo remplacé par le jeune et discret Paul Biya. Originaire de l'extrême-Nord Cameroun, Guerandi comme bon nombre d'élites de cette région sont dans une impasse vu le tournure que prend les évènements après la sortie quelque peu prématurée de l'ex chef d'état lui aussi originaire du grand Nord (Garoua). Qui plus est le flambeau ne leur revenant pas, on voit le grand Nord craquelé entre l'entrée du nouveau chef d'état originaire du "Sud" (tribu Beti) et le pouvoir leur échapper d'un coup. Le doute ne cesse de planer sur des hypothèses sur un éventuel complot orchestré pour écarter Ahmadou Ahidjo, ou encore la passation du pouvoir du Nord au Sud sans une véritable transition. Car ceux-ci dans le joug de leur probable puissance dans cet échiquier politique ou le grand Nord régnerait en maître absolu ne se voyait pas subitement dépossédé de ce précieux dû. Empli de fougue et l'esprit conquérant, Guerandi Mbara Goulondo se sent donc rempli d'une mission. A ce moment, commence ainsi à trotter dans son esprit de conquérant exacerbé de justice des idées de restitution de pouvoir. En cette date fatidique du 6 Avril 1984 ses espoirs de reconquête se voient anéantis. C'est un échec total car l'armée réussie à remettre le calme et on fait suite à de multiples arrestations et quelques disparitions de ces conspirateurs. Guerandi se cache malgré tout et réussi à fuir le 5 juin 1984 pour le pays des hommes intègres qu'est le Burkina Faso ou l'attend son promotionnaire de l'EMIA Blaise Compaoré.

Son parcours atypique mué d'un nihilisme rétrograde.

Installé à Ouagadougou, Guerandi radié de l'armée camerounaise commence à peaufiner une nouvelle approche suivant le courant de ses idéaux restés intactes. Conseiller de son ami de promotion dans l'armée au Cameroun Blaise Compaoré, il ne cesse de lancer des piques en revendiquant le départ de Paul Biya créant ainsi des tensions entre le Burkina et le Cameroun. Ne lâchant pas prise, ce dernier se lance dans les études et finit par obtenir un doctorat en "Sciences politiques" en 1997 en France sous la direction de Pascal chaigneau à l'université de Paris Descartes. Muni d'une nouvelle arme intellectuelle, il écume les lieux publics ou se réunissent certains membres de la diaspora africaine afin d'avaliser ses dires et préceptes. Il sort de nombreuses œuvres littéraires la plus récente étant "Repenser un modèle de démocratie participative en Afrique" publié et édité en 2011 par les éditions ILV ou il dénigre cette démocratie africaine qui se ficèle au fil des ans avec l'implication de ces chefs d'états aux aspirations de monarchie ou démocratie rimerait avec dictature. Il n'hésite pas à inciter les prévenus à un soulèvement afin de changer la donne et d'exfolier la domination occidentale sur l'Afrique dont il cite les empreintes toujours présentes du colonialisme.

Un retour mal calculé.

De ses nombreux déplacements, Guerandi fait la rencontre de Georges Starckman un vendeur d'armes aux mœurs peu recommandables habitué à recevoir des soi-disant révolutionnaires afin d'assouvir cette soif de reconnaissance vis à vis de leur nation souvent déchue ou ces acheteurs ne sont plus les bienvenus. Monsieur starckman affairiste de son état n'hésitera pas à renseigner le Cameroun sur sa future transaction avec l'ex putschiste dont on redirigera vers ce portugais grand connaisseur de l'Afrique pour y avoir vécu de nombreuses années José Alberto Fernandes Abrantes de connivence avec la DGRE (Direction générale de la recherche extérieure). Ce dernier mis au courant par Guerandi Mbara de 2000 mercenaires originaires de la RCA(république Centrafricaine) qui seraient prêts à nouveau à essayer de faire tomber Paul Biya pour qui il voue une aversion sans limites. L'état Camerounais Prend ainsi ce Portugais comme informateur et commence une épopée de voyages avortés concernant un éventuel retour au Cameroun. Finalement le 26 Janvier 2013 c'est un Guerandi inanimé sous l'effet de sédatifs qui arrive à l'aéroport international de Douala rejoignant les locaux de la DGRE. Ainsi s'évaporent ses espoirs de reconquête. Son arrivée et son incarcération n'arrêtent pas de faire l'objet de nombreux débats et d'interrogation. Personne ne sait ou il a été réellement incarcéré, personne ne sait ce qu'il est devenu? Est-il en vie? Ou serait-ce une utopie? Tant de questions sans réponses. Serait-ce la fin d'un rêve ou d'un idéal mal négocié? Le destin aurait-il fléchit face à cet adepte d'une pensée révolutionnaire sans faille? Ou est-ce destin qui par la force du temps aurait eu raison de Guerandi Mbara Goulondo? Wait and see.