Lundi 08 septembre 2014 est jour de rentrée scolaire au Cameroun. De la maternelle au secondaire en passant par le primaire, les personnels et les élèves se mobilisent pour donner à l'événement un éclat particulier.

Il est 10h30 au collège bilingue Horeb, un établissement secondaire privé laïc situé à la sortie est de la ville de Yaoundé. Mme Happi, une parente voulant inscrire son enfant est étonnée du calme qui accueille son arrivée. Aucun élève, ni à l'entrée, ni dans la cour de récréation, à quelques exceptions près ; donnant l'impression d'une rentrée morte. Mais à sa grande surprise, les salles sont pleines d'élèves suivent attentivement des cours.

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Dans le bloc administratif, quelques parents retardataires remplissent les formalités pour que leurs enfants puissent bénéficier des tenues gratuites (tenues de sport et de classe) ou soient autorisés à démarrer l'année.

Commencer l'école dès le premier jour est resté une tradition voire un principe clé dans l'histoire du collège bilingue Horeb. Aux dires des responsables, le caractère sérieux d'un établissement de formation commence par le respect strict des dates et délais édictés par le ministère de tutelle. Cette rigueur a d'ailleurs valu à Horeb de recevoir du ministère des Enseignements secondaires, année après année, des lettres de félicitation signées du ministre en personne. De quoi booster l'élan d'amélioration croissante de la politique de fonctionnement.

Le cas Horeb n'est peut-être pas une exclusivité, même s'il sort un peu de l'ordinaire.

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Les statistiques montrent que beaucoup d'établissements de la périphérie de Yaoundé s'efforcent de commencer les cours ne serait-ce que la première semaine, l'essentiel des formalités d'inscription et autres procédures étant effectué pendant les vacances. Pour encourager les parents à inscrire leurs enfants au plus vite, de multiples stratégies sont utilisées. Par exemple, une date limite immuable est fixée et imposée à tous. Le collège bilingue Horeb pour sa part utilise la technique des bourses. Tous les élèves ayant obtenu une moyenne annuelle supérieure à douze sur vingt (12/20), se voient attribuer des bourses allant de 5.000FCFA à 10.000FCFA, lesquelles bourses, loin d'être remises en espèces sonnantes et trébuchantes, sont plutôt déductibles sur la scolarité de l'année suivante. Ainsi, les élèves qui quittent l'établissement perdent l'opportunité et ceux qui reviennent ont un délai de rigueur à respecter, sinon adieu la bourse !

En revanche, en progressant vers le centre-ville, Yaoundé la capitale brille généralement par une rentrée timide, surtout dans les établissements publics.

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Les esprits sont tiraillés entre les manuels scolaires au programme qui sont presque introuvables, les tripatouillages financiers liés soit aux APE (Association des parents d'élèves), soit à la somme de 50.000FCFA - pouvant parfois aller au-delà de 100.000FCFA - exigée en collasse pour recruter un enfant dans un lycée public, ou encore les ventes illégales de tenues de classe et de manuels au sein de certains établissements, et ceci malgré l'interdiction formelle et répétée du gouvernement.

L'année scolaire qui commence, malgré les difficultés qui lui sont inhérentes, semble tout de même assez sereine. Car il est à noter que le phénomène Boko Harem (secte islamiste d'origine nigériane) qui défraie la chronique depuis quelque temps avait à un moment donné laissé l'impression d'une situation dont l'évolution risquait de freiner la stabilité du quotidien des populations.