Le souhait des membres de l'Association des Jeunes Chefs religieux du Sénégal est d'éclairer l'opinion sur un don prétendument reçu par la Fondation de l'épouse du président sénégalais d'une société citée dans le patrimoine de Karim Wade actuellement jugé, d'une part. Ce don devait servir à la modernisation des daaras, écoles coraniques, et eux, les religieux, n'ont rien vu. D'autre part, ils veulent passer au peigne fin les avoirs et le fonctionnement de la Fondation baptisée Servir le Sénégal.

Tout a commencé par la volonté des avocats du fils de l'ex-président Abdoulaye Wade, Karim, jugé depuis le 31 juillet passé par la Crei de faire témoigner la Première Dame, Marième Faye Sall.

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Afin d'établir la vérité autour de l'allocation supposée d'une somme de 650 millions Cfa, environ 990.000 euros, à la Fondation de l'épouse du Chef de l'Etat. Une allégation qui laisse l'impression que le pouvoir à la tête du Sénégal depuis mars 2012 et engagé dans une traque des biens supposés mal acquis ne serait pas si exempt de reproches. La preuve donc par la Fondation de la Première Dame et par conséquent celle-ci.

Y ajoutant les supputations, commentaires et autres critiques autour de la Fondation de sa création, les jeunes religieux ont donc saisi la balle au bond pour ester en justice. Une plainte a été déposée à la Crei et la démarche a fini de mettre en sellette la Première Dame et sa Fondation. Au point de faire oublier ses belles réalisations mais aussi de donner l'impression que le Sénégal n'avait pas connu jusque-là de fondation de Première Dame.

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Ce qui est contraire à la réalité, les épouses des deux présidents avant Macky Sall, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, ayant eu leurs structures. Solidarité Partage et Education Santé respectivement qui, brillèrent, entre autres, par des manifestations lucratives pour collecter des fonds et des réalisations comme un hôpital ultramoderne en brousse.

Les Fondations de Mmes Diouf et Wade ne fonctionnèrent pas comme dans un fleuve tranquille. Avec celle de Mme Sall les choses semblent plus compliquées. Aussi, cette plainte de jeune religieux constituent-elle un précédent dans les registres de la Justice sénégalaise.

Evidemment, ils savent leurs chances de voir la Dame devant la barre minces voire nulles. Cependant, un acte fort aura été posé par leurs soins : ternir l'image de la Fondation et de sa patronne, en faisant solidement croire que la structure nageait dans la nébulosité. Une mauvaise publicité en somme. On n'a d'ailleurs pas été surpris d'apprendre dans certains journaux sénégalais que le débat sur la dissolution ou non de la Fondation Servir le Sénégal divise en ce moment ses plus hauts responsables, la Première Dame et ses proches collaborateurs. De même, des cercles ont été nombreux, dans l'entourage du Chef de l'Etat et la presse notamment, pour prendre la défense de Mme la Première Dame.