Dimanche 05 octobre 2014, sous la houlette de la "Société des Amis de Mongo Béti" (SAMBE), nous avons effectué un déplacement-pèlerinage dans le village de l’écrivain Mongo Béti pour lui rendre hommage ainsi qu’à Abel Eyinga, son compagnon décédé cette année. Il s’agissait d’une co-commémoration dans la mesure où Abel Eyinga, décédé le 16 Janvier 2014, avait l’habitude de se rendre à Akometam de son vivant.

Avant le départ de Yaoundé, certains des participants ont pu signer le « Tableau-Hommage » d’Abel Eyinga, disponible à la Librairie des Peuples Noirs

A  08h, la trentaine de « pèlerins » a pris la route pour Akometam que nous atteignons après environ une heure.

Après avoir mis l’ordre dans la cours de Mongo Béti, certains se sont recueillis devant la tombe et d’autres sympathisaient avec les membres de la famille de l’écrivain trouvés sur place.

Joseph Fumtim le speaker a pris la parole pour dérouler le programme de la journée.

Celui-ci était organisé autour de quelques axes : rappel historique de la vie de Mongo Béti, hommage respectivement à Mongo Béti, puis à Abel Eyinga, visite de la plantation et de la porcherie laissées par Mongo Béti, Casse-croute et retour sur Yaoundé en groupe.

Joseph Fumtim a rappelé que Mongo Béti est né en 1932 et a débuté ses études au Cameroun pour les achever en France. C’est de ce côté qu’il devint par la suite professeur pendant de longues années. Il rentre au Cameroun en 1991, fonde la librairie des peuples noirs en 1994. Il décède en 2001. Au lendemain de ce triste évènement, la SAMBE est mise sur pieds par ses proches notamment son épouse Odile Tobner afin de perpétuer dans la mémoire collective son œuvre.

 A la suite de ce rappel, la seconde phase marquée par les témoignages qui va  débuter avec celui de maman Messina Lucie, sœur ainée de Mongo Béti. Elle dira très peu de ce petit frère dont elle garde un très bon souvenir, qui ne l’avait jamais appelé par son nom ou prénom, mais un petit nom très affectif et respectueux. Elle parlera plus  « mama Odile » c’est-à-dire d’odile Tobner, la veuve de Mongo Béti qu’elle remercie grandement pour tout ce qu’elle a fait et continue de faire tant pour elle, la famille que pour la perpétuation de la Mémoire de Mongo Béti

Ensuite, Robert Marie Etoungui a pris la parole pour saluer la mémoire de son oncle. Pour lui, même si Mongo Beti est « un prophète qui n’est jamais reconnu chez lui, il reste un homme immortel. »

Michèle Oyono, Membre d’honneur de la SAMBE racontera comment elle a rencontré Mongo Béti une fois qu’elle avait décidé de venir s’installer au Cameroun après le décès de son époux et comment elle est devenue amie avec Odile Tobner.

Armelle Cressent, ancienne étudiante à l’Université de Yaoundé, a salué la vivacité intellectuelle de l’homme. Actuellement chercheuse en histoire à Londres, elle dit avoir plus collecté les informations dans le œuvres de mongo Béti que dans les livres d’histoire.

La seconde phase des hommages était consacrée à Abel Eyinga qui a cotoyé Mongo Béti pendant près de 10 ans en France et l’a retrouvé au Cameroun.

Elle commence avec la lecture du texte d’Odile Tobner, « Vie et mort d’un juste » par Njifen Thierry, membre de la Sambé venant de Douala

Le philosophe Eboussi Boulaga va saluer la modération, la maitrise de soi de l’homme. Toute chose qui lui évitait de faire des autres les responsables de son malheur. Homme toujours prêt au dialogue, Abel Eyinga brillait par la constance et la cohérence dans son discours.

Pour le professeur Ambroise Kom, les vies de Mongo Béti et Abel invitent à se questionner sur le rôle de l’individu instruit dans une société postcoloniale. Par ailleurs, leur image doit chaque fois nous inviter à nous poser la question de savoir : comment pouvons-nous faire pour transformer notre milieu, notre pays en gardant nos principes ? En les écoutant et en les lisant, on comprendre que la résistance a un prix. Pour la réussir, il faut batailler et être fidèle à ses idées.

D’autres intervenants à l’instar de l’historien Jacob Tatsitsa, le poète Sismoney Ngouene venu de Douala, Mme Betoko, enseignante à l’Ecole Normale de Yaoundé, Ibagui Ndjengwes, Peter Kiley-Bergen, Bayemi de l’ADDEC, M.Tatang venu de Bafoussam, le modérateur Joseph Fumtim des Editions Ifrikiya et enfin Bergeline Domou ont pris la parole pour manifester toute l’admiration et le profond respect qu’ils ont à l’égard d’Abel Eyinga.

La journée s’est poursuivie à la plantation et la porcherie de Mongo Béti. Guidé par Robert, le neveu de l’écrivain, nous laissé par Abel Eyinga soit en voie de destruction et de disparition, Bergeline Domou, vice-présidente  de la SAMBE, a exhorté tous et chacun à œuvrer pour une conservation et mise à la disposition du public nécessiteux ces documents d’archives.

C’est autour de 14h30 que nous avons pris le chemin retour pour Yaoundé. La première phase de ces journées de commémoration s’achevait ainsi. 

avons pu découvrir Mongo Béti l’agriculteur. Au moment de son décès, nous a confié son neveu, Mongo Béti avait 226 têtes de porc. 

La journée s’est achevée autour d’un casse-croute dégusté dans la tristesse mais davantage la joie de l’échange autour de ces figures de l’histoire du Cameroun. Déplorant le fait que le patrimoine documentaire laissé par Abel Eyinga soit en voie de destruction et de disparition, Bergeline Domou, vice-présidente  de la SAMBE, a exhorté tous et chacun à œuvrer pour une conservation et mise à la disposition du public nécessiteux ces documents d’archives.

C’est autour de 14h que nous avons pris le chemin retour pour Yaoundé. Nous sommes arrivés dans la capitale vers 14h30. La première phase de ces journées de commémoration s’achevait ainsi.