Pour la première fois depuis le 9 août dernier, date à laquelle Darren Wilson avait tiré à douze reprises sur Michael Brown, le policier de la ville de Ferguson a donné sa version des faits. Invité sur le plateau d'une émission de la chaîne ABC, l'homme est revenu sur ce qui l'a poussé à abattre Michael Brown alors que celui-ci semblait inoffensif. C'est d'ailleurs une version bien différente, à l'opposé de ce qu'ont raconté les témoins du drame, qu'a livré Darren Wilson. Selon lui, Michael Brown l'avait déjà agressé alors qu'il était dans son véhicule de police et sa corpulence (1,95m pour 130 kilos) l'aurait effrayé. « Je me suis senti comme un enfant de cinq ans s'accrochant à Hulk », explique-t-il, racontant comment le jeune Afro-Américain avait essayé de se saisir de son arme après l'avoir frappé à deux reprises au visage, pour finalement prendre la fuite.

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Darren Wilson explique l'avoir suivi pour l'interpeller, jusqu'au moment où Michael Brown s'est retourné vers lui. « Il a foncé vers moi, il allait me tuer », a-t-il raconté, justifiant ses douze coups tirés vers le jeune homme (dont un allait l'atteindre à la tête) par sa peur qu'une arme soit cachée sous son tee-shirt.

Ferguson demande justice

Malgré les protestations qui se sont élevées d'un peu partout aux Etats-Unis pendant le mois d'août, le grand jury populaire qui devait décider s'il y avait légitime défense ou non a statué en la faveur du policier. Depuis le verdict délivré lundi, de nouvelles émeutes violentes font rage, principalement à Ferguson, pour réclamer des sanctions sévères envers Darren Wilson qui, selon l'avis de beaucoup, aurait agit de façon raciste.

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De son côté, le policier avoue ne pas du tout regretter son geste, et confie même que si la situation devait se représenter, il n'hésiterait pas une seule seconde à agir de la même façon. « J'ai la conscience tranquille car j'ai le sentiment d'avoir effectué mon travail dans les règles », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il en aurait été de même face à un jeune homme blanc. « Je me suis encore interrogé moi-même: Est-ce que je peux tirer sur ce type ? Est-ce que je peux le faire légalement ? Et ma réponse a été 'je dois le faire' ». À Ferguson, beaucoup n'en démordent pourtant pas, et continuent de demander justice pour Michael Brown. La petite ville du Missouri s'apprête à passer une nouvelle nuit dans la violence.