Parvenu au 15 novembre 2014 les lampions s’éteindront sur le festi-bikutsi. Trépignement, cadence et effervescence populaire auront été au rendez-vous de cette fête foraine de « l’un des rythmes les plus endiablés d’Afrique », qui a débuté le lundi 3 novembre dernier.

Ce faisant, les amateurs du rythme qui tend à davantage à s’imposer sur l’échiquier continental, avec des prétentions pour autres lieux que dans le continent dit-on noir, auront découvert un festi-bikutsi en pleine mutation. L’Irondel (Informations, Reportages, Ondes, Loisirs) aura certainement passé le total témoin à l’Afrique des Arts.

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On parle, on parlera désormais, et plus encore, du Festival International des musiques Bantu (lire bantou), Festi-Bikutsi. Une extension qui cache à suffisance les intensions, que dire les prétentions à l’export et l’import de ce courant musical dans toutes ses variantes. Des variantes qui se cachent assurément, non seulement sur l’aire géographique d’origine reconnue au bantou à savoir, l’Afrique centrale et australe, la République sud-africaine comprise, mais aussi bien dans la zone sahélienne avec des pays comme Bénin où le genre s’appelle Téké (on parle aussi de palma pour l’Assiko), le Tchad, la Côte d’Ivoire etc. Les Amériques et les Caraïbes si loin pourtant si proche ne sont pas du reste.

Dans ce sillage de mutation, si oui, d’évolution, le risque de perte de repère semble se dessiner à l’horizon, pour certains puristes.

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Elie Martin Mbah, musicien se réclamant puriste, aura battu le tam-tam de l’assurance lors de la conférence de presse du festival. Lui qui en retraite aujourd’hui, aura vu des vertes et des pas mûres en matière de Bikutsi bien sûr. Le festival lui apparait plus comme une auberge espagnol où chacun, autant dire chaque musique trouve sa place sans nuisance à l’émergence des autres.

Le Festival International des Musiques Bantu, Festi-Bikutsi, édition 2014, aura également marqué l’attention de part son engagement partenarial avec le Festival Africa Fête Itinérant (FAFI) basé à Dakar au Sénégal, probablement pour faire tourner les spectacles et artistes qui se seront démarqués durant l’évènement.

Parlant d’artistes, l’on se sera interloqué, d’une pléiade outre les locaux. Noumoucounda et Fou Malade (rappeur plus que raisonnable et sain) du Sénégal, Sissimé du Bénin, le Beatboxeur Joos de Marseille auront « foutu le feu ». Un feu artistique des plus agréables aux dires de certains mélomanes.

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La cerise sur le gâteau s’est assurément avec l’intrépide groupe CAB (Caraïbes-Afrique-Brésil), une extraordinaire rencontre voire symbiose de talents de ces parties du monde. Des talents éponymes en CAB (Canonge-Adriano-Bassy). Pour plus de précision, l’on aura dégusté la maestria du pianiste Mario CANONGE des Caraïbes, la pétulence du percussioniste et batteur Tenoriodd ADRIANO du Brésil, et le panache vocal et multi instrumentiste de Blick BASSY du Cameroun. Le tout lors d’un concert le samedi 8 novembre 2014 à l’Institut Français, Danielle Eog, la nouvelle égérie en confirmation, partageant cette scène avec le trio.

Mais de partage, il y en aura eu autour d’un atelier, le 10 novembre 2014, entre le CAB sous le mastering de Blick Bassy et les jeunes en compétition pour le « Prix découverte Festi-Bikutsi 2014 », sur la promotion et la présentation du produit artistique sur internet.

Au sortir de cette 16ème édition dont la marraine n’est autre que Sally Soléni Nyolo, Mbarga Soukouss, le Bikutsi maker ayant commencé sa carrière musicale par un album de cantiques chrétiens au cours de la décennie 1980, virant dans de la pur mondanité, aura été auréolé, hommage aux vivants oblige.