« Le Cameroun sur le chemin de la parité, préserver les acquis, relever les défis de l'égalité de genre », c'est sur ce thème que viennent de se dérouler les travaux autour de l'atelier de renforcement des capacités du Pool national des avocats du genre, dans la ville de Yaoundé au Cameroun. L'atelier était organisé par More Women in Politics, un réseau de soutien au Leadership et à la participation politique des femmes au Cameroun.

"Au cours de l'atelier qui s'est tenu du 20 au 21 novembre 2014, il aura été question, explique la Pr. Justine Diffo Tchunkam, présidente dudit Réseau, de passer en évaluation, les acquis et avancées de la situation des femmes camerounaises en matière d'intégration dans la sphère de gestion des affaires de la cité, depuis la campagne de plaidoyer pour la parité entre les genres au Cameroun." En la matière, les statistiques révèlent que depuis lors, de grandes avancées ont été faites: 21% des sénateurs sont du genre féminin, tandis que sur les 180 de députés que comptent l'Assemblée Nationale, on enregistre 56 femmes (soit une augmentation de 124% par rapport à la législature d'avant 2013) ce qui constitue 31% de représentativité.

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Outre les chambres hautes et basses du Parlement camerounais, il est noté l'accès de 45 femmes au Commandement territorial, dont une femme Préfet, une Secrétaire générale de Région et sept femmes sous-préfets, depuis octobre 2014. Ces victoires significatives pourraint s'étendre dans les secteurs de l'éducation, ou encore dans d'autres sphères de la politique.

Les membres du Réseau de soutien semblent cependant se réjouir. Tout comme  l'organisation de l'ONU femme Cameroun, qui souligne que le Cameroun a dépassé le quota de 30% de femmes intégrées dans les sphères de décisions, en accord avec les déclarations de Maputo. Une situation que semblent aujourd'hui envier d'autres pays.

Cependant un redéploiement de More Women in Politics à travers le récent évènement donne à s'interroger sur ce veulent encore les femmes au Cameroun.

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A ce propos, la réponse se trouve dans la bouche d'un homme, dirigeant parmi les plus influents de la planète : « La justice pour les femmes demande, au-delà de nouvelles loi et de nouveaux financements, un réel changement de mentalité », affirmait Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l'ONU. Ce changement de mentalité, à en croire ce propos, ne saurait se résumer en un quota de 30% de femmes intégrées dans les décisions politiques des nations. La parité, du 50 % ou encore « fifty-fifty » pour tous les genres, c'est bien de cela dont il est question. Et pourquoi pas imaginer que les femmes soient plus nombreuses que les hommes dès l'horizon 2018? Une date qui fortuitement, coïncide avec une échéance politique camerounaise.

L'activité dinatoire du 20 novembre 2014, dans un hôtel de la place yaoundéenne, a été le théâtre d'un récital à l'honneur des nouveaux avocats de la parité de genre qui ont été distingués à travers une remise de parchemins. L'occasion aura aussi été, d'une part, prétexte pour Mme Rachelle Djangone Mian, la représentante d'ONU-femme, d'adresser une mention spéciale au Président de la République du Cameroun, à Elections Cameroun (ELECAM) entre autres pour le rôle joué au cours des dernières élections de 2013 en faveur de la parité du genre.

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« L'ambition n'a pas de sexe », c'est l'une phrase marquante de cette soirée, dite par Pr, Justine Diffo. Elle marque l'émergence souhaitée d'une classe féminine plus ancrée à la chose politique et donc plus atirrée par le pouvoir, pour les échéances à venir. Une campagne dans ce sens est à l'étude.