Qu'il soit naturel ou artificiel, le conifère reste l'un des symboles forts de Noël. Près de six millions de sapins naturels sont achetés en France chaque année, dont 80% sont issus de la production hexagonale. Face au sapin artificiel, le sapin naturel domine toujours le marché avec 85,5% des ventes en 2013 contre 14,5% pour son homologue en plastique. Au prix de vente moyen de vingt-cinq euros, le chiffre d'affaires du conifère pesait plus de 141 millions d'euros en 2013.

Morosité économique ou non, rien ne semble entacher ce marché dont le pic des ventes a généralement lieu le premier week-end de décembre. Tradition oblige, tous les enfants veulent leur sapin dans le salon et bien souvent ils ont leur mot à dire sur sa forme et sa taille. Aux parents de comparer ensuite les prix et les essences.

Car vient une question : Epicea ou Nordmann ? Le premier sent bon mais se dégarnira plus vite dans la chaleur des foyers. Le second est inodore mais perdra peu ses aiguilles. D'ailleurs le Nordmann constitue le plus gros des ventes lorsqu'il mesure entre 1,5 mètre et 2 mètres.

Mais il ne faut pas oublier que le sapin naturel coupé est jetable : seuls 39% d'entre eux se retrouveront collectés et 30% seront recyclés à domicile (transformés en copeaux ou en compost). Côté bonne conscience, faut-il donc opter pour un sapin naturel ou artificiel ?

Le « vrai » sapin semble être une valeur sûre pour l'environnement : il transforme le dioxyde de carbone en oxygène et joue un rôle de filtre pour l'atmosphère. Ses racines stabilisent le sol face aux pluies et à l'érosion imputable au vent. Coupé, il est recyclable. Acheté en pot, on peut tenter de le replanter après les fêtes et réduire ainsi la production de masse qui encourage l'utilisation d'engrais et de produits phytosanitaires néfastes pour les sols et les nappes d'eau souterraines. Attention toutefois à son lieu de production : un sapin élevé en France n'a pas le même impact environnemental qu'un sapin importé de Belgique.

Depuis 1998, deux cents producteurs se sont regroupés au sein de l'AFSNN (Association Française des Sapin de Noël Naturels). Leur but ? Structurer la production en créant un cahier des charges précis ainsi qu'un label rouge pour protéger par exemple l'identification géographique et limiter la contrefaçon. En France, la région du Morvan bénéficie d'un sol acide et d'un climat semi-montagnard idéal qui lui permettent de produire plus d'un quart des sapins français, devant la Bretagne et la région Rhône-Alpes.

Côté sapin artificiel, l'acheteur est avant tout séduit par son aspect durable. Si le prix peut sembler élevé par rapport au sapin naturel, il sera amené à être amorti au fil des années puisque le sapin artificiel est réutilisable. Pratique, facile d'utilisation et d'entretien, toujours vert, il présente certains avantages non négligeables. En outre, l'acheteur n'aura pas à se poser la question de son recyclage dès la fin des fêtes. Toutefois le mode de production du sapin artificiel est coûteux en énergie et en plastique composé essentiellement de pétrole. D'après les spécialistes en développement durable, il faudrait conserver un sapin artificiel au moins vingt ans pour qu'il ait moins d'impact qu'un sapin naturel sur l'environnement. En France, il serait conservé seulement trois ans en moyenne. #Agriculture