Languedoc Roussillon: le TER à 1€!". Cela fait plusieurs semaines que, par voie d'affiches et de communiqués, la #SNCF communique largement sur cette opération, mise en place lundi dernier. Une révolution financière pour les deux millions et demi d'habitants de la région Languedoc- Roussillon semblerait-il au premier abord. En effet, le trajet Nîmes-Montpellier en Train Express Régional passerait donc de 10€ environ à 1€, celui de Nîmes à Perpignan de 32€ à 1€.

Passerait mais pas passera. Car ce tarif n'a rien de systématique, loin s'en faut. Si la SNCF a beaucoup communiqué sur ce projet (initié à la base d'ailleurs par la Région, pas par l'entreprise ferroviaire) la réalité est toute autre.

Publicité
Publicité

Certes, les places à 1€ existent bel et bien depuis le 5 janvier, mais elles se comptent pour ainsi dire sur le bout des doigts. De fait, seuls 2% des places environ sont concernées. Premier couac, donc.

Second couac: ce ne sont que des places disponibles via internet. Outre le fait que les usagers n'étant pas reliés à la toile sont d'office exclus, inutile de préciser que pour les obtenir, il faut se lever tôt, car tout le monde veut en profiter! Enfin, façon de parler, car encore faut-il trouver ces fameuses places sur le site officiel de la SNCF. Le mardi 6 au matin, soit 24 h après la mise en place de l'opération, on accédait facilement aux promotions habituelles (Ouigo, IDEbus, abonnements et cartes divers) mais, pour le trajet à 1€, il semblerait qu'il faille être un geek avéré et armé d'une patience hors normes.

Publicité

Pour notre part, après un quart d'heure de recherches le seul billet que nous ayons trouvé était pour nous rendre dans les Cévennes. Têtus, nous nous sommes dits qu'en toute logique il fallait plutôt passer par le site de la SNCF non pas général mais du Languedoc-Roussillon. Pour, ensuite, voir s'afficher sur l'écran le message suivant "Suite au succès de ce premier jour de commercialisation, un trop grand nombre de connexions simultanées ne nous permet pas de satisfaire toutes les demandes. Nous nous efforçons de diminuer la gêne occasionnée. Veuillez nous excuser pour ces inconvénients, nous vous invitons à renouveler votre demande prochainement". Troisième couac, donc, et pas des moindres.

Certains acteurs politiques régionaux, Europe Ecologie Les Verts notamment, n'hésitent d'ailleurs pas à qualifier cette grande opération de communication de poudre aux yeux. En effet, dans le même temps, on a vu la fermeture de la ligne cévenole reliant Alès à Bességes, ou encore la fréquence des trains reliant Béziers à Bédarieux réduite de moitié. Une jolie promo com pour faire passer la pilule?

Certains Languedociens commencent à se poser la question et à parler de "vaste blague". Et, dans la plupart des cas, continuent de payer leurs billets plein pot.