Le porc du Nord ne vient plus à Yaoundé. Les amateurs de cette viande de la capitale camerounaise devront débourser un peu plus de pour avoir cet animal lors des festivités. En cause, une décision des autorités interdisant les mouvements du mammifère du Nord en direction du Centre.

La crise complique tout !

Selon les autorités la crise est sous contrôle et des mesures sont prises pour un retour à la normale des activités dans les six prochains mois. Lionel Tiko, revendeur de porcs au marché de Mvog-Ada, l'un des deux plus grands marchés d'approvisionnement en viande de la capitale, est aussi touché par la peste qui menace au Nord : « l'absence des porcs du Nord nous affecte parce que c'est un porc moins cher. Autre chose, l'absence de graisse dans ces porcs font d'eux des #Animaux désirés par les consommateurs. Enfin, les porcs que nous vendons maintenant sont chers et ne garantissent pas nos bénéfices à 100% », s'indigne t-il.

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Logé dans une autre enseigne, Ambroise Ambassa, est originaire de la région du Centre du #Cameroun où le porc constitue l'essentiel de la dot. Il a prévu 350 000 FCFA (534,35 €) pour l'achat de 5 porcs à raison de 65 000 FCFA (100 €) par unité. Mais au hangar des porcs tout se passe autrement. Il doit débourser 15 000 FCFA (22,90 €) de plus par unité. Il est surpris mais préfère rester stoïque : « C'est ma malchance de tomber dans cette situation quand j'initie la dot de ma femme. Et puis tout ce que Dieu fait est bon », lâche-t-il.

Yannick Fopa vend le cochon à la braise. Il a du mal à joindre les deux bouts comme par le passé. Pour lui pas question d'acheter un porc à 60 000 FCFA (environ 90 €) pour le revendre au même prix. Et s'il faut ajouter les dépenses supplémentaires liées à l'achat du bois, des assaisonnements, du temps perdu etc., le jeu n'en vaut plus la chandelle.

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Conséquence : il a suspendu temporairement son activité.

Dans les marchés de porcs, la viande se vent à prix d'or. Un animal de 25 kilogrammes vendu hier à 30 000 FCFA (environ 50 €) est passé du simple au double. Le morceau de porc à la braise précédemment vendu à 600 FCFA (environ 1 €) est passé à certains endroits de 650 à700 FCFA, autour de 1,5 €.

Gestion de la crise : la peste porcine ne se soigne pas ...

Déjà 400 porcs abattus par les autorités en plus des 197 morts emportés par l'épidémie qui sévit dans les départements du Mayo Kani et du Mayo Danay et près du Tchad, où le phénomène sévit. L'actuelle résurgence de la peste porcine africaine est venue du Tchad voisin, avant de se propager dans l'extrême-Nord et le Nord Cameroun.

Pour le délégué du ministère de la Santé publique à Yagoua dans le département du Mayo Danay, Kidmo Mbraougué, les éleveurs sont responsables de la propagation de la maladie à travers : « des abattages clandestins, circulation anarchique des animaux, Marquage du bétail fermé », cite-t-il. La peste porcine ne se soigne pas. Un porc malade devient rouge et est victime d'une forte fièvre.

Mesures.

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Depuis l'apparition de la zoonose, des mesures urgentes ont été prises par les autorités pour circonscrire le phénomène. Il s'agit notamment de l'abattage systématique des animaux sur un rayon de 5 km, des campagnes de sensibilisations et la désinfection des marchés de porc de la zone. Pour mémoire, la dernière peste porcine de janvier 2010, avait contraint les autorités sanitaires à l'abattage de 25 000 têtes. 15 375 animaux avaient péri sur l'effet de la maladie, et 40 000 autres avaient été sacrifiés par les éleveurs eux-mêmes... #Monde rural