J’entends déjà la voix d’Ali Akbar qui, poussant la porte d’un café de Saint-Germain-des-Prés, annonce les nouvelles - toujours saugrenues - à la belle clientèle : "Ca y est ! Ca y est ! Les grands chefs nous servent des insectes !". Le vendeur de journaux le plus emblématique du quartier n’hésite pas à amuser la galerie en prouvant, photo à l’appui, les éléments de son ‘flash info’ décalé. La vieille dame sur la banquette, entre deux bouchées de mille feuille au caramel, a du mal à s’imaginer déguster un jour ces drôles de petites bêtes que nous avons l’habitude de vouloir exterminer.

 

Arrêtez les grimaces, VOUS aussi avez déjà mangé des insectes.

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Un être humain absorbe à son insu en moyenne 500 grammes d’insectes par an, en dormant ou même en mangeant des fruits et légumes ! Nos ancêtres en étaient friands. Des études montrent que les insectes représentaient une partie importante du régime alimentaire humain bien avant l’élaboration des premiers outils de chasse et d’exploitation du sol pour l’#Agriculture. De nos jours, on estime que près de deux milliards de personnes en mangent régulièrement, notamment dans certaines régions d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Océanie, variant les plaisirs grâce aux 1900 espèces comestibles.

 

Ali a raison, l’affaire est d’actualité. Les autorités commencent à réfléchir aux sérieux problèmes de production alimentaire auxquels devront faire face les prochaines générations. Avec une population mondiale croissante et des espaces de production saturés, comment nourrir tout le monde ? Les insectes apportent une réponse alternative : une nourriture abondante, saine, très riche en protéines, vitamines et minéraux dont l’élevage s’avère être à la fois plus écologique, plus rapide et plus rentable que celui des porcs et des bovins.

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Depuis que l’ONU recommande leur consommation, l’idée a fait son bout de chemin dans l’imaginaire collectif des cultures encore récalcitrantes. Sur le net, je n’ai pas encore trouvé de boisson énergisante en poudre du type saveur pistache-mais-en-fait-c’est-de-la-chenille, mais je suis sûre que les américains sont sur le coup.

 

En France aussi, depuis quelques années, des acteurs incontournables de la #Gastronomie ont intégré les insectes à leur garde-manger en reconnaissant leurs qualités gustatives et nutritionnelles et en voyant le potentiel de ce type d’ingrédient dans le jeu des textures. Les plus braves pourront les déguster crus, mais beaucoup les préfèrent séchés, fumés, bouillis, grillés, frits,….. L’insecte est si peu exploité en Europe et en Amérique du Nord qu’il offre aux grands chefs un nouvel élément pour agrémenter ou compléter leurs plats en exploitant cette niche. Encore faut-il oser : vers en tous genres, criquets, araignées, fourmis et même certaines espèces de cafards.

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Sylvain Musquar, chocolatier près de Nancy, recouvre des grillons à la feuille d’or avant de les déposer sur ses chocolats pour les rendre ‘sexy’ ; David Faure, ancien étoilé à Nice, les proposent toujours dans son restaurant Aphrodite ; René Redzepi en sert à sa clientèle du Noma à Copenhague…

 

En attendant, la FAO (Food & Agriculture Organization) a donné son feu vert, alors, à quand des sauterelles croustillantes pour sublimer vos assiettes et épater vos convives ? Perso, j’en verrais bien quelques unes posées sur un mikado de légumes de la crème d’asperge/citronnelle ou pour couronner un millefeuille chocolat éclats de caramel ! Les possibilités sont infinies…

 

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  #Nutrition