Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) recommande un code couleur qui viendrait compléter les étiquettes nutritionnelles actuelles sur nos aliments. Pâté ou rillettes de thon ? Céréales soufflées ou muesli ? Pain de mie ou biscottes ? Une multitude de questions nous traversent l'esprit au moment de faire les courses. Ou pas d'ailleurs. Quoi qu'il en soit, si nous tentons de répondre à la question de quel aliment est le plus sain parmi ceux qui nous intéressent, nous nous retrouvons souvent face à une étiquette compliquée, impossible à déchiffrer sans (in)formation au préalable, ce qui est source, de stress, de temps perdu, d'un sentiment d'impuissance, et souvent, de craquage sur celui qui nous fera prendre quelques kilos rien qu'à le regarder.

 

Mieux faire ses courses

La loi santé du 29/01/2016, portée par Marisol Touraine, a remis la prévention au cœur des enjeux de santé publique. En a découlé une évaluation de la faisabilité du calcul d’un score nutritionnel qui viendrait compléter l'étiquetage des aliments avec une lettre de A à E et un code couleur de vert à rouge. Une simplification bienvenue pour faire des courses plus saines, en particulier dans un contexte où l'obésité atteint 15% de la population en France et est un facteur aggravant de la progression des maladies cardio-vasculaires, du diabète, etc.

Moins de temps passé à déchiffrer les étiquettes, une information claire et visuelle pour les personnes sensibles aux emballages aguicheurs ou à des a priori créés de toutes pièces par des publicités qui donnent des informations partielles, une étude scientifique réalisée par des experts depuis 2015, mais pourquoi ce système n'est-il pas encore en place ?

 

Le lobby agroalimentaire s'en mêle

La décision d'implémenter ce système, fruit de la recherche scientifique, au plus vite a été remise en question. Et une nouvelle étude est lancée : il s'agit cette fois de comparer plusieurs systèmes de notation simplifiée pour choisir le meilleur. D'après cette enquête de Cash investigation, le lobby agroalimentaire serait derrière cette décision pour gagner du temps avant la mise en place d'un système qui révélerait ce qui se cache peut-être derrière un marketing puissant :

Ils ont raison sur un point : certains produits "traditionnels" du terroir français comme le pâté n'auront pas une très bonne note dans le système 5 couleurs. Mais est-ce une si mauvaise chose de montrer aux consommateurs faisant le choix de faire attention à leur santé quels sont les produits les plus sains pour un apéro réussi ? Est-ce que ça pénalisera les vrais artisans locaux ou seulement les produits très industrialisés qui basent leur communication sur la fausse idée d'une production fermière traditionnelle ?

 

L'éducation est la solution

L'information donnée par la notation 5 couleurs est-elle incomplète ? Pas d'inquiétude : l'étiquetage continuera de comporter tous les détails de la composition nutritionnelle des aliments. Les personnes qui en maîtrisent le déchiffrage continueront d'avoir les informations complètes sur la qualité nutritionnelle de leur nourriture. On peut cependant craindre un désintérêt pour comprendre "plus loin" que les 5 couleurs : un produit rouge n'est pas à bannir, mais à limiter ; une mono-diète d'un produit vert ne peut pas remplacer une alimentation variée et équilibrée. Et à cela la solution n'est pas un étiquetage supplémentaire mais tout simplement : l'éducation. Si vous soutenez la mise en place de demi-journées d'information sur le déchiffrage des étiquettes nutritionnelles dès le collège, partagez cet article sur les réseaux sociaux et participez de ce fait vous aussi à l'éducation et à la sensibilisation aux problèmes liés à l'obésité. #EtiquetageNutritionnel #Obésité #Consommation