J.-P. Coffe aurait aimé en être, José Bové n’a pas manqué de se rendre au 11e Salon du goût, organisé par l’organisation #Slow Food, à Turin jusqu’au 26 prochain. Il marque le lancement du Forum de l’Alliance des chefs français, qui a mis en place des dégustations sur la Piazza di Castello, au centre de la ville. Mais toutes les cuisines du monde sont représentées… si elles se conforment aux préceptes du Slow Food (tout bio ou issu de l’agriculture raisonnée) et aux concepts de Terra Madre.

Grande parade internationale

Des délégations paysannes, ou de communautés indigènes, de travailleurs de la terre et de la mer et des métiers de bouche ont participé à un grand cortège de 7 000 personnes provenant de 160 pays.

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Il s’agit bien sûr de populariser le salon, qui se tient dans le parc du Valentino, mais aussi de protester en faveur de l’écologie et de dénoncer les pratiques des multinationales, alimentaires ou du secteur de la santé, et autres, destructrices des milieux naturels. La croissance infinie est devenue concept dépassé et la production intensive met en danger la santé. José Bové a ainsi évoqué la fusion Bayer-Monsanto « création d’une entreprise géante qui contrôle à la fois semences, fertilisants, herbicides, pesticides et médicaments ». Le président italien, Sergio Mattarella, a salué les participants.

Forte délégation française

La proximité de Turin a permis d’étoffer une forte délégation française. Parmi les chefs, on compte Michel Bras, le restaurateur Olivier Roellinger, installé en Bretagne, et nombre de cuisiniers-restaurateurs.

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Vins (muscadets, champagnes de petits producteurs, banyuls, beaujolais, jurançons…) et bières (de micro-brasseries), ou vermouth (de la maison Dolin, de Chambéry) donnent de quoi déguster mais aussi débattre à l’œnothèque du Palazzo Reale. Côté charcuterie, une Banque du jambon en présentait une large variété dont le noir de Bigorre, le kintoa basque. Les fromages d’estive béarnais, le pélardon caprin cévenol, voisinent avec les huîtres nées en mer. Mais les producteurs ne vantent pas que leurs produits. Leurs méthodes, leurs groupements (de maraîchers, apiculteurs…) sont l’occasion de débattre et faire le point sur les projets en gestation, comme celui du Champ des Possibles en Normandie. Maxime de Rostolan, des Fermes d’avenir, fondateur de Blue Bees (financement participatif) a dressé l’inventaire d’un mouvement agroécologique qui se renforce constamment.

Festif, mondial, roboratif

L’Italie, alors que Rome retire sa candidature aux JO 2014, a donné une forte répercussion à cet événement international qui anime la ville de Turin.

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L’Exposition universelle de Milan, l’an dernier, avait déjà accueilli le mouvement Slow Food. Le secrétaire général du mouvement est l’Italien Paolo di Groce. Il expose le nouveau projet touristique de parcours dans les vallées de Gailtal et Lesachtal (Carinthie autrichienne), et d’autres, au Kenya, dans les Balkans, au Pérou. L’industrie n’est pas tout à fait absente puisque le prix Slow Pack récompense des emballages et étiquetages recyclables. Il avait primé, en 2014, le brasseur brésilien Experimento qui conditionne ses bières avec l’aide de fournisseurs écologiques sélectionnés. Turin a été parsemée de statues d’escargots colorés : l’escargot n’est pas consommé qu’en France. Peut-être finirez-vous par préférer rater un match de foot au profit d'une occasion de bien manger, bien boire, et mieux respecter la planète et l’humanité. En plus, il n'y a pas de perdants, que des gagnants ! Ah, si vous êtes sur place, ne manquez pas de savourer le lait d'Amatrice, la région frappée par le tremblement de terre. #Gastronomie #Ecologie