L’Agence américaine de contrôle des produits médicamenteux et alimentaires classifie le #Nutella en tant que garniture de dessert. Un dessert à l’#huile de palme cent pour cent ‘’durable’’, c’est sûr, mais favorisant la diversité de l’environnement, c’est beaucoup moins patenté. Là n’est pas le souci de Ferrero. Garniture et confiture riment richement, garniture oblige à faire figurer sur les conditionnements deux fois plus de teneur en sucre et une valeur calorifique double. ‘’Ah vous dirais-je maman, ce qui cause mon tourment/J’ai mangé des confitures…’’, comme dit la chanson. Qu’on se rassure, l’étiquette ne fais pas davantage l’embonpoint que l’anorexie et après tout, le Nutella ne passera pas pour beaucoup moins calorique que le sirop d’érable, de maïs (corn syrup), ou le beurre de cacahuètes.

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Ferrero ne peut plus, aux États-Unis, faire passer le Nutella pour un produit diététique (ou au moins, apportant des bienfaits pour la santé). Ce à la suite d’un recours associatif qui a permis d’obtenir le retrait de publicités.

Arguments à la louche

Pour Ferrero, 74% des consommateurs étasuniens étaleraient le Nutella sur des toasts ou du pain de mie (voire une French baguette du boulanger des beaux quartiers ou du Poîlane d’importation) à raison d’une cuillerée à soupe par tranche ou section. Soit une vingtaine de grammes. Or, la portion de référence devant figurer sur le conditionnement des pots de Nutella équivaut actuellement à deux tablespoons, car, à la louche, pour une garniture de dessert (par exemple pour le nappage d’une glace), c’est cette quantité qui doit figurer.

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Is it a spread or a topping ? To be spread at one, or topping at two ? Shakespearian dilemma ! Qu’en pensez-vous ? Participez, sur le site de la FDA, à la consultation publique qui s’étendra jusqu’au 3 janvier prochain. Aucun bon d’achat à gagner, garantie d’anonymat (vous ne recevrez pas de publicité pour du miel ou de la Planters, à laquelle je préfère la Smooth Operator de Peanut Butter & co). Deux cuillères à soupe, c’est 11 grammes de lipides et 200 calories. Une, deux fois moins. CQFD. En 2012, Ferrero a donc consulté 722 consommateurs-témoins et établi qu’une large majorité étalaient le Nutella sur du pain ou une biscotte, ou je ne sais trop quoi de scandinave ou de casher, que 6% n’étalaient pas mais léchaient les cuillerées, et que 5% avaient des pratiques ‘’autres’’ (nan, quand même pas sur un ou une partenaire – en tout cas, la catégorie n’était pas répertoriée). Perso, comme en Lorraine, c’est plutôt camembert longuement affiné sur trempette dans le café au lait, mais j’essayerai de napper aussi de Nutella.

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Pain, tranche de comté (restons français) et Nutella (restons résolument européens, pas comme ce Marmaduke de Rosbifs et sa marmelade qui étale son Brexit sur du bacon), c’est à tenter. Mais crêpes ou galettes bretonnes au Nutella, c’est une #hérésie totale (comme de masquer le goût de la paella avec du chorizo ; ou d’en mettre dans la choucroute aux poissons et carottes belfortaine, pour ne fournir qu’un exemple anodin).

Pas gros plein de soupe

Vous me direz, étaler ou lécher une dizaine de cuillères à thé ou café, ou l’équivalent en cuillères à soupe, c’est kif-kif. Cela finira par vous transformer en gros plein de soupe. Et vos kilos de mauvais gras pèseront leurs équivalents de plumes ou de plomb. Alors que bien sûr, vous en tenir parcimonieusement à une seule cuillère à soupe (combien de fois, mon fils, dans la journée ? Une ? Véniel. Deux ? Allez en paix après deux paters, deux aves), vous vaudra indulgence et passage éclair (chocolat ou café) au purgatoire. Deux, c’est purges et lavements en enfer à perpétuité. Ah, dernier conseil, avant de passer sur le billard, par précaution, limitez votre consommation de Nutella...