L’ONG européenne Transport & Environnement publie son étude Mind the gap, portant sur les différences entre les consommations moyennes de #carburant des voitures européennes et celles annoncées par les constructeurs. Si les Ford et Nissan occupent les places moyennes (+42%), l’écart grimpe à 56% pour deux Mercedes. Les Fiat sont plus ‘’fiables’’ (différentiel de 35%). Pour les françaises, Citroën et Renault se situent un peu au-dessous de la moyenne, les Peugeot font jeu égal avec les Mini à 45%. En tête de classement des dépassements de consommation de carburant : Mercedes, Audi, Smart et Volvo ; en queue, Opel, Skoda, Fiat… Sur leurs publicités, les constructeurs affichent la consommation moyenne déterminée par des tests transmis à la Commission européenne.

Publicité
Publicité

Il s’agit de tricher sur les émissions de CO2 afin, selon les pays, de bénéficier de ‘’bonus écologiques’’. Chaque année, les divers constructeurs proclament que leurs modèles sont plus efficients, alors qu’il n’en est rien. L’écart moyen entre consommation proclamée et réelle était de cinq points en 2002, puis de 15 en 2010, et 24 en 2014. Pour 2016, c’est au-delà de 40 points. Cela signifie que l’automobiliste européen conduisant un véhicule se situant dans la moyenne sort de sa poche 550 euros de plus par an que ce à quoi il serait en droit de s’attendre…

Menteurs comme…

Si, généralement, l’acquéreur d’une Mercedes ou d’une Audi haut-de-gamme a les moyens de ne pas trop se soucier de cette surconsommation, l’acheteur d’une Smart (+49%) ou d’une Peugeot (+45%) est beaucoup plus sensible au coût global d’utilisation de son véhicule.

Publicité

Côté marques allemandes (ou filialisées), Volkswagen, Opel et surtout Skoda (Seat est absent du classement) sont moins trompeuses (de +35 à +40%). Le secteur #Automobile, dont la crédibilité a été endommagée par le Dieselgate (et là, Fiat et Suzuki font près de sept fois pire que Volkswagen ou Seat et Skoda), semble le champion des industriels en matière de tromperie sur la marchandise. Cela se répercute sur la confiance accordée aux médias et aux gouvernements qui protègent leurs recettes publicitaires ou leurs constructeurs nationaux. Cela démontre aussi la puissance des lobbies influant sur les décisions européennes en matière de contrôle des performances et de sanction de la publicité mensongère. Les différentiels entre consommation proclamée et réelle tiennent aux conditions des tests, très laxistes, mais dans le cas des Audi et des Mercedes, l’organisation considère que l’écart résulte d’une falsification supplémentaire, les résultats communiqués ayant été minorés ou des dispositifs dissimulés ayant été employés.

Publicité

Ce qui devrait exposer à des sanctions. Chaque année, Mercedes proclame avoir conçu ‘’l’automobile de demain’’, moins gourmande, moins polluante. En fait, les progrès sont très minimes, et comme les autres constructeurs, Mercedes manipule les conditions des tests. Depuis quatre ans, aucune amélioration notable en matière de réduction des émissions nocives n’a été constatée, contrairement à ce que vantent les constructeurs, estime l’organisation Transport & Environment. Les répercussions sur l’économie européenne globale, en termes d’importations de carburants, sont colossales. Les véhicules européens consomment en moyenne davantage que voici une décennie. Ce alors que des modèles à consommation mixte (électrique, carburant) ont été mis sur le marché. Ce sont d’ailleurs ces modèles hybrides qui trichent le plus sur leur consommation réelle (de +25 à +48% depuis 2007). Les gouvernements, en particulier les français, masquent aussi la réalité en remontant les limitations de vitesse et multipliant les amendes pour de faibles dépassements. Tant en laboratoire qu’en tests sur route, les constructeurs multiplient les combines pour minorer la consommation moyenne officielle. Mais même en conduisant le plus économiquement possible, les conducteurs sont massivement grugés. Cette étude fait suite à d'autres, tout aussi accablantes. #fraude