En date du 24 novembre dernier, les nouvelles conditions générales d'utilisation autorisent la géolocalisation des clients depuis leur entrée dans le véhicule jusqu'à cinq minutes après leur arrivée à destination. Invoquant une volonté d’améliorer l’efficience de ses services, la plateforme de VTC subit en #France (comme partout ailleurs) les foudres des utilisateurs ainsi-que de certains défenseurs de la vie privée. Et elle suscite également certaines interrogations de la part de la Commission Nationale Informatique et Libertés (Cnil). L’application veut en savoir toujours plus ! Durant l’été, Uber avait annoncé la modification de sa politique de confidentialité afin de recueillir les données sur l'historique de déplacement de ses clients. Le service de co-voiturage va maintenant encore plus loin et souhaite désormais récupérer les données de localisation de ses clients dans le délai de cinq minutes après une course. Officiellement et selon les explications fournies par #Uber, le but serait de procurer une meilleure prestation à l’utilisateur, en particulier sur le plan de sa sécurité.

Le prestataire souhaiterait également optimiser l’expérience utilisateur en indiquant des temps de course moyens...Or selon les défenseurs des droits à la vie privée et certains observateurs, il y a un risque potentiel que ces données puissent être stockées et utilisées ultérieurement pour des motivations très différentes. L’intérêt pourrait être commercial avec l’option de proposer directement une personne de leur réseau, un partenaire plutôt qu'un endroit en particulier. Il y a également un autre risque de détournement d’ordre juridique et notamment l’utilisation des données dans certains contentieux (comme les affaires de divorce par exemple). En janvier déjà, une autorité judiciaire de New York avait adressé une injonction à Uber afin d’obtenir le chiffrement les données de géo localisation des utilisateurs et d’assurer ainsi le respect de leur vie privée. Les responsables de la plateforme de VTC indiquent toutefois qu’il est possible de ne pas autoriser le partage des données en désactivant le partage de données dans leur téléphone ... en dépit tout de même des notifications récurrentes réclamant leur géo localisation !

Uber … dans la tourmente !

Côté usagers résidents aux USA, ces nouvelles conditions générales d’utilisation d’Uber ont entraîné une kyrielle de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux et la note de l'application sur l'App Store est brusquement descendue de deux points, passant de 3,5/5 à 1,5/5. Certains utilisateurs semblent à présent se rabattre sur Lyft, un des concurrents d’Uber. En revanche la Cnil et le fisc français …deviennent ses meilleurs fans! La Cnil s’intéresse déjà de très près aux conditions de collecte et de traitement des données des clients quant à leur durée de conservation par Uber. Ce nouvel épisode ne devrait que renforcer les motivations de contrôler le respect des droits des usagers par la plateforme. Quant au fisc, il scrute de très près les optimisations fiscales de cette entreprise. Une perquisition a d'ailleurs eu lieue dans les locaux français de l'entreprise car son chiffre d'affaires 2015 était établi à 20 millions d'euros (proche de celui de Facebook) et son bénéfice net se rapproche de 1,6 million d'euros mais le montant de l’impôt en France n’était que de...120 000 euros. Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, cet accès aux données de géolocalisation entraîne une nouvelle plainte contre Uber. Elle est actuellement en cours auprès de la FTC, l'autorité de la concurrence américaine, par une association qui estime cette pratique commerciale «illégale et trompeuse». #Transport