L'histoire est très simple. Une poupée gonflable, un matin, prend vie et prend conscience qu'elle a un coeur, un "kokoro" en japonais. Elle cherche alors à comprendre son utilité. Ne doit-il la faire que souffrir ou peut-il lui procurer du bien? Elle, qui jusqu'alors n'était qu'une poupée gonflable, vouée à assouvir les désirs sexuels des hommes, aurait aujourd'hui un nouveau but, celui de vivre et de ressentir. Découvrir, comprendre et ressentir ce que sont la Vie, la Nature et les Autres. 

Koree Eda est le spécialiste du nouveau #Cinéma japonais. Un cinéma sans samouraïs ni scènes de Kung Fu. Un cinéma poétique, doux, mais surtout, très beau.

 Il met en avant les valeurs traditionnelles nippones; le respect du passé, l'écoute et la sérénité du présent. On y retrouve de la musique classique ou des chants traditionnel sur des plans sublimant la luxuriance ou l'épuration de ces si beaux paysages japonais.

Les relations entre les personnages y sont pudiques et réservées mais on sent bien un lien indestructible qui les unit. Nous sommes, grâce à Kore Eda, transportés dans un monde très émouvant de beauté.

Il prend le temps de chaque sensation, de chaque sentiment. Tout est important. Le souffle, le sang, l'environnement, l'enfance, les arbres, les autres. La ville, le calme, la folie, le choix. Tout est vrai, rythmé, et profond. 

Doona Bae, qui tient le rôle de la poupée incarnée, joue avec beaucoup de douceur, de dextérité et de sincérité. Dès qu'elle découvre quelqu'un ou quelque chose, c'est toujours avec une soif d'apprendre et de comprendre. Elle est filmée de manière à ce que son apparence poupée/humaine soit confuse. On a un doute. Alors on remet tout en question. 

Dans le monde réel dans lequel on vit, nous, vivants, mortels, oublions-nous notre coeur? Sommes-nous trop manipulés par un système moralisateur? L'important n'est-il pas très simple? Notre kokoro est-il toujours vivant?

Un film bouleversant, qui fait aimer et adorer la culture japonaise. Cette faculté de transformer la réalité en une peinture mouvante, dématérialiser le monde afin qu'il ne devienne plus qu'esthétique et poétique. C'est un film que je conseille alors aux cinéphiles qui sont en quête de transcendance esthétique.

Un film qui fait voyager, rêver, fabuler, oublier, deviner, comprendre, pleurer et surtout, aimer. 

Air Doll, la poupée japonaise qui prend Vie avec Sagesse et Candeur représente finalement ce qu'est l'essence pure et dénuée de toute intention. Un regard et un cœur justes et fragiles pour voir le monde actuel avec des yeux d'enfants qui eux, voient la vérité. Le Petit Prince japonais, le voilà.  #Films