La ville de Troyes rend hommage à l'œuvre tissée du célèbre peintre et illustrateur d'origine biélorusse, Marc Chagall, issu d'une famille juive vivant dans un ghetto, avec l'exposition "Chagall de la palette au métier". Ses réalisations dans le domaine de la céramique, de la sculpture, des vitraux, des eaux-fortes et de la #Peinture sont bien connues du public. Aujourd'hui, le Musée D'#Art Moderne a choisi de mettre en lumière l'œuvre de l'artiste à travers les 17 tapisseries réalisées en collaboration avec la maître d'œuvre Yvette Cauquil Prince (période de 1965 à 1985) ou encore avec la Manufacture des gobelins (créations de 1968 à 1973).

Puissance et profondeur

Dès l'entrée en matière, le spectateur est confronté à la puissance de l'agrandissement volontaire des peintures qui ont servi de modèles afin d'apprécier les créations dans leur globalité. En parcourant les différentes salles, nous retrouvons les thèmes de prédilection chers à l'artiste qui sont le religieux, les animaux, la nature, les légendes, le rêve, l'allégorie, entre autres. Un chatoiement de couleurs s'offre au regard où les rouges flamboyants côtoient la profondeur des verts et des bruns, reflet d'une intériorité à l'iconographie hébraïque empreint d'un certain folklore russe, fil conducteur récurrent de sa recherche plastique.

Quand l''imaginaire rejoint la réalité

Documents et photographies complètent les tapisseries exposées, offrant au visiteur des réponses à la compréhension d'un style déroutant quant à la perspective architecturale, voire au décor naïf où s'abolissent les lois de l'apesanteur et les contours des lieux. C'est une libre interprétation de la composition qui nous est donnée à voir, sans aucune retenue, ni académisme. Chagall peint ce qu'il aime avant toute chose, bien loin des courants artistiques de son époque. Il décrit l'histoire de son pays, l'histoire biblique juive. Il nous livre une réalité qu'il nous raconte comme une fable, tout en métaphore : un rêve éveillé qu'il nous fait partager.