Fils de M'Badi Kouyaté, directeur de l'Ensemble Instrumental Symphonique de Guinée (NDLR : Guinée Conakry), Kandia descend d'une grande famille de musiciens d'#Afrique de l'Ouest. Du haut de ses 25 ans, le virtuose de la kora a une expérience musicale très impressionnante. Comme beaucoup d'Africains, il a appris la #Musique avec l'oreille. Kandia est multi-instrumentiste; il joue de la kora (instrument à cordes), des percussions (dum-dum, djembé), de la basse, de la guitare et du clavier.

Ses débuts, il les fera dans le cocon familial et plus précisément en compagnie de son père dès l'âge de 12 ans. Toujours durant son adolescence, vers l'âge de 13/14 ans, Kandia intègre un groupe, " Les Espoirs de Coronthie ". Avec cette formation musicale, le jeune artiste sort trois albums et part en tournée avec le groupe de 2008 à 2009. Moment, où Kandia Kora fera la rencontre du grand artiste : l'ivoirien Tiken Jah Fakoly.

Des artistes de renom

À 20 ans, il croise la route de Tiken Jah Fakoly, à l'époque, la star ivoirienne travaillait sur son album African Revolution. " J'ai été appelé par JB, le saxophoniste de Tiken, que j'ai connu en Guinée, à l'époque où Tiken était de passage, en 2007. Il a pris contact avec moi en me demandant si j'étais intéressé et depuis je fais partie de sa troupe de musiciens ", affirme Kandia. Un honneur pour le musicien guinéen, " jouer à ses côtés c'est un grand départ pour moi, dans ma carrière ", déclare-t-il.

D'autres artistes ont aussi fait la démarche de prendre contact avec Kandia Kora, par le biais de leur manager, comme le chanteur français Jean-Louis Aubert. " Une personne aimant la variété française et qui assiste à un concert de Jean-Louis Aubert ne s'attend pas nécessairement à voir un Noir et/ou une kora sur scène (rires) " confie-t-il. " J'ai fait un mois de répétition et l'on a fait deux mois de tournée, elle s'est achevée le 12 décembre 2014. Franchement, pour moi c'était énorme de jouer avec Jean-Louis Aubert ", lance Kandia ému de cette aventure. Auparavant, l'artiste s'était produit sur plusieurs scènes avec les célèbres DJs, les C2C, pour ne citer qu'eux.

Voler de ses propres ailes

Depuis un an, Kandia Kora est retourné aux sources, en Guinée, pour donner une impulsion à sa carrière solo. Les Guinéens - et les autres - ont d'abord découvert l'artiste sur le grand écran, dans le film Matin bonheur de Gaité Fofana sorti en 2005.

Aujourd'hui, il fait son grand come-back en revêtant ses différentes casquettes : auteur, compositeur et interprète (en plus d'être musicien). Son premier album solo, N'djirabama di (Comment vais-je faire ?) est dans les bacs depuis le mois de février de cette année. Pour la réalisation de cette œuvre artistique, Kandia Kora a pu s'entourer de grands noms de la musique : son " mentor " Tiken Jah Fakoly, la star du coupé-décalé Soum Bill et le groupe phare de la musique urbaine guinéenne Banlieuz'Art. L'opus comporte 12 chansons et traite de sujets comme les droits des femmes, la paix et l'unité et la traite des enfants. Fidèle à ses origines musicales mandingues, avec subtilité le jeune prodige a composé avec des sonorités modernes. D'ailleurs, l'artiste, pour son titre Mansare Zenab, vient d'être récompensé d'un Guinée Music Awards dans la catégorie meilleur hit de l'année, le 8 décembre dernier.

Reconnu par ses pairs comme un artiste à part entière, c'est tout naturellement que Kandia Kora a rejoint plusieurs artistes africains - Amadou et Mariam par exemple - pour enregistrer le titre Africa Stop Ebola. La chanson est un message de sensibilisation et d'espoir pour les populations touchées par le virus.

Ses projets à l'avenir ? " Aider la jeunesse de mon pays qui n'a pas eu la même chance que moi et qui a certainement les mêmes rêves que moi. Les aider afin qu'ils puissent représenter leur pays et leur continent ".

Ce sens du partage, valeur qui lui a été inculquée, Kandia Kora compte à son tour, le transmettre.