Tout ça pour ça ? C’est un peu ce qu’on pourrait penser à la fin de la vision de « L’interview qui tue » qui a tant fait parler de lui ces dernières semaines. Sortira ? Sortira pas ? Suite au gigantesque #Piratage mené par les instances nord-coréennes, Sony Pictures avait provoqué un tollé à Hollywood en annulant la sortie dans les cinémas américains du film produit par Seth Rodgen. Barack Obama s’était alors insurgé : hors de question de courber l’échine face aux menaces d’un dictateur ! Sony a donc finalement diffusé la comédie dans les salles de #Cinéma qui le souhaitaient et sur internet, via la vidéo à la demande, le 25 décembre. Kim Jong-un a donc, bien malgré lui, suscité l’intérêt du monde entier pour ce film qui, sans toute cette débâcle et les relents de tensions entre les deux pays (le dictateur en a d’ailleurs remis une couche en traitant Barack Obama de singe), serait presque passé inaperçu.

Seth Rogen et James Franco campent dans « The Interview » le producteur Aaron Rappaport et David Skylard, un animateur de talk-show en mal de sensationnalisme. C’est alors qu’une idée leur vient à l’esprit : et s’ils interviewaient Kim Jong-un, qui avoue lui-même adorer leur show ? Le rendez-vous pour l’interview est bouclé, mais voilà que la CIA s’en mêle et propose (ou impose) aux deux compères d’en profiter pour commettre l’impossible : tuer le dictateur nord-coréen. Mais voilà, une fois sur place, le naïf et joyeux David Skylard ne met pas longtemps à se faire manipuler par Kim Jong-un, qui devient très vite son grand ami. Arrivera-t-il à mettre ses sentiments de côté pour pouvoir l’assassiner ? Rien n’est plus incertain !

Loufoque de bout en bout

Le duo Seth Rogen/James Franco fait des étincelles depuis leurs débuts dans « Pineapple Express » il y a déjà quelques années. Les deux comiques sont copains comme cochons et ça se voit à l’écran : dans « The Interview », leur alchimie à elle-seule parvient à combler les lacunes de la réalisation, un peu trop lente au début et trop rapide à la conclusion... plutôt surprenante. James Franco, véritable caméléon dans ses rôles, est encore une fois à mourir de rire en campant ce journaliste idiot mais touchant, tandis que Seth Rogen parvient à insuffler un brin de sérieux et de dramatique dans une situation totalement loufoque ! Parce qu’il est évident que le film est à prendre au centième degré. S’il dépeint de façon comique une réalité tragique, notamment sur les camps de concentration nord-coréen et les coups de colère mortels du dictateur, on doute tout de même fortement que celui-ci ait l’âge mental d’un garçon de 10 ans, soit fan de Katy Perry au point d’en pleurer et un grand amateur de margaritas. L’exagération et la caricature du personnage interprété par l’excellent mais peu connu Randall Park a de quoi faire sourire le spectateur, mais n’est surtout pas « un acte de guerre » comme s’était insurgé le principal intéressé il y a quelques mois. Et si Kim Jong-un s’était fait prendre à son propre jeu ? Avec un million de dollars de recette réalisé uniquement le premier jour de sa sortie, « The Interview » s’est érigé en porte-parole du monde occidental contre la Corée du Nord, alors que sans le grain de sel de son dictateur, le film n’aurait été qu’une comédie potache et loufoque sans grande provocation comme la plupart des films de James Franco et Seth Rogen… #Etats-Unis