La Vie d'Adèle est un long métrage d'Abdellatif Kechiche, grand gagnant de la palme d'or en 2013. Film inspiré de la BD à succès de Julie Maroh "Le bleu est une couleur chaude", le film devait s'intituler ainsi; mais Abdellatif Kechiche étant littéralement envoûté par sa comédienne, décide de changer le titre, et en vient donc à le baptiser: La Vie d'Adèle.

Adèle a dix sept ans lorsqu'elle tombe amoureuse d'Emma. Elle ne connait encore rien à l'amour, et s'apprête à vivre sa plus belle histoire. Mais pour qu'une histoire d'amour soit dramatiquement palpitante, il faut qu'elle finisse mal. C'est hélas aussi vrai dans la réalité.

Alors c'est ce qu'il y a de passionnant dans le film. Adèle est folle amoureuse de son Emma. Elle ne vit que par elle, et pour elle. La passion amoureuse l'entraîne dans des états complètement démesurés, se laissant totalement aller à ses émotions les plus sensibles, se jetant à corps perdu dans cette relation, mais la médaille a un revers. Lorsque leur histoire finit, leur rupture est tout aussi violente que leur passion aura été intense. Adèle souffre alors à en mourir (au sens figuré) et tentera de se reconstruire, au fil des années. Elle ne se remettra jamais vraiment de cet amour perdu, cet amour de jeunesse qui lui aura fait ressentir des sentiments si incroyablement forts.

Quand on a vécu un amour semblable, déchirant tant il était fort, on ne peut qu'être fasciné par le film d'Abdellatif, d'une justesse très délicate. L'amour à 20ans est déraisonnable, sans limites, tout est possible, tout fait mal, ou tout fait jouir. On vole si haut à deux que la chute, si chute il y a, est terrible.

Adèle Exarchopoulos, fait preuve d'un naturel déconcertant. On peut s'identifier, fille ou garçon, à ce qu'elle endure, aux questions qu'elle se pose quant à ses orientations sexuelles, quant à ses choix professionnels, quant à ses envies pour la suite. Elle n'est qu'Amour, que Passion, le reste ne compte pas. Cet élan fait d'elle une jeune fille ultra sensible, à fleur de peau, qu'il faut préserver et surtout ne pas heurter.

Léa Seydoux, interprète du rôle d'Emma, est un petit peu plus agée qu'Adèle, de seulement quelques années. Mais ces années là vont être importantes. Car elles deux n'aspirent pas aux mêmes choses au même moment. Léa Seydoux est un peu la maîtresse du jeu dans leur relation. Elle est celle qui donne les repères à Adèle, celle qui lui montre la voie, celle qui lui a donné son souffle.

Lorsqu'elles se séparent, Adèle reste livrée à elle même, désemparée.

Une passion amoureuse de jeunesse qu'Abdellatif Kechiche retrace avec un grand réalisme. On se souvient de L'Esquive, ces jeunes de cité qui montaient la pièce de Marivaux, Le jeu de l'amour et du hasard. Spécialiste des jeunes au naturel, Kechiche assure, une nouvelle fois, la vérité. Et quand la réalité frappe de plein fouet, ça fait mal.

Pour les adultes, ce film vous fera ressentir des sentiments oubliés. Si vous avez été, jeune, romantique à la Musset, vous vous souviendrez ce que c'est que de se dévouer corps et âme à la personne qu'on aime. Vous vous souviendrez avoir aimé incommensurablement. Et se le rappeler de temps en temps, ne fait pas mal. On sent qu'on a grandi, qu'on s'est renforcé. D'où la force du film. C'est une histoire de jeunesse.

Et si vous êtes jeunes, vous vous identifierez forcément à l'une ou l'autre des comédiennes. Forcément vous trouverez des similarités. Le film vous parlera, vous aidera sans doute, vous donnera envie de prendre votre courage à deux mains et de foncer, sans avoir peur.

Ne laissez jamais passer un amour qui se présente à vous. La vie est trop courte pour passer à côté d'émotions fortes. Car c'est comme ça que l'on se sent vivant. Merci Adèle #Films #Cinéma