« Vaisseau spatial futuriste » ou « verrue dans l'horizon », l'architecture du nouveau musée des Confluences implanté à Lyon ne laisse personne indifférent. Initié par le Conseil Général du Rhône en 2000 et confié au cabinet autrichien Coop Himmelb(l)au, le projet « nuage de cristal » était très complexe. Faite de verre et d'acier, sa forme déstructurée constituait un défi technique dans la réalisation. Au départ, les architectes s'étaient engagés pour une enveloppe de 59 millions d'euros. Ils n'ont jamais réussi à finaliser le dossier à ce coût. Le chantier a été arrêté au bout de quelques mois seulement, avant de repartir. Finalement, l'entreprise Bec a renoncé et jeté l'éponge. Mésentente avec l'architecte, conflits avec les assureurs qui estimaient notamment que les fondations du bâtiment n'étaient pas assez solides, les problèmes n'ont cessé de s'accumuler tout au long de la construction et la facture a littéralement explosé. Repris par l'entreprise Vinci, le chantier s'est néanmoins poursuivi. Mais à quel prix ! Le musée aura finalement coûté presque 300 millions d'euros! Pour les contribuables lyonnais, il s'agit d'un scandale financier sans précédent qui n'a pas fini de faire polémique. D'ailleurs l'association Canol (Contribuables Actifs du Lyonnais) a étudié les comptes du Conseil Général et parle d'un « monstre de dérapages financiers ». Délais bafoués, cumul de négligences, elle définit le musée comme « l'un des plus grands gaspillages financiers d'une collectivité territoriale de cette décennie ».

Mal défini, le projet ne comportait même pas de localisation géographique dans le programme initial. Le terrain finalement retenu, proche de l'autoroute A7 et à la confluence du Rhône et de la Saône en bout de Presqu'Ile, a contribué à alourdir la facture. Le site était occupé par un boulodrome qu'il a fallu démolir et reconstruire à l'extérieur de Lyon. Pollué et constitué d'alluvions, le sol posait aussi problème. Quant aux fondations du bâtiment, il aura fallu creuser plus profondément : 31 mètres au lieu des 19 mètres préconisés au départ. Enfin, la proximité de l'autoroute rendait obligatoire la construction d'un mur de soutènement.

« Il est hideux, il a coûté une fortune et ce n'est pas fini ! », commente Frédéric, 41 ans, qui travaille à proximité du site. Car il ne faut pas oublier qu'en plus de son coût de construction pharaonique, le musée aura également un coût de fonctionnement qui risque de faire grincer les dents. En tablant sur 500 000 visiteurs par an, la directrice du musée Hélène Lafont-Couturier annonce un budget annuel de 18 millions d'euros. Une somme qui reste évidemment à confirmer et que l'association Canol estime largement sous-estimée. Il devrait davantage avoisiner les 30 millions d'euros à l'année.

Reste que le musée des Confluences se veut ambitieux et novateur. Sur 3000 m², les visiteurs y découvriront l'aventure humaine depuis les origines jusqu'à nos jours à travers quatre tableaux : Origines, Sociétés, Espèces et Eternités. Il accueille aussi la collection de l'ancien muséum d'histoire naturelle Guimet. Equipé d'ateliers pratiques et ludiques, il offrira tout au long de l'année des programmations permanentes et temporaires, thématiques ou festives. Deux restaurants et une librairie-boutique complètent le site.