Aujourd'hui, le 14 décembre, on est dimanche, il fait froid, on a peut être envie de passer deux trois heures à s'emmitoufler devant un long film d'hiver.

Pour ceux qui ne l'ont pas vu, ou qui l'avaient oublié, je recommande Le Pianiste, de Roman Polanski, sorti en 2002. C'est un long film de guerre, retraçant la rude épreuve des juifs, victimes de l'holocauste nazi, mais particulièrement la situation des juifs Polonais. Le Ghetto de Varsovie est aujourd'hui tristement célèbre, le Pianiste nous en apprend les terribles conditions de vie, de "survie" si je veux être plus juste. Les juifs, littéralement parqués, pendant de lourdes années, comme des animaux, humiliés, offensés, et dénaturalisés, n'ont alors pu que se soumettre à tant de violence et d'oppression.

De son arrestation à sa liberté, en passant par la déportation, la faim, le désespoir, et ses combats, nous suivons pendant 2h30 les tensions dramatiques d'un grand pianiste polonais, Wladyslaw Szpilman, véritable musicien, dignement interprété par Adrien Brody.

Ames sensibles, abstenez vous, ou préparez vos mouchoirs! Polanski joue sur la corde sensible du tire larme, et avec zèle. Chaque séquence est un coup de théâtre dramatique, la musique plaintive accompagne les plans émouvants, choquants et injustes. Un tantinet mélo, mais après tout, c'est ce qui fait d'un drame ce qu'il est! Adrien Brody incarne avec honneur et droiture le rôle de ce grand artiste sans tomber dans le pathos, suffisamment amené par d'autres éléments . Il contrecarre alors un peu l'aspect larmoyant du film, et lui fournit la force dont il avait besoin.

Devant l'atrocité indescriptible de cette page de l'histoire, nous spectateurs, nous sentons impuissants et meurtris. Bien que le film soit une fiction romancée, nous savons qu'il est inspiré de faits bien rééls et qu'une telle barbarie a bien existé. Notre devoir de mémoire nous incite à regarder ce film, qui, dans le genre, est plutôt bien réussi.

Roman Polanski veut dans son oeuvre s'épancher sur l'espoir et la lumière. C'est un drame historique terrible, mais on sent l'humeur optimiste et manichéenne du réalisateur. Parce que malgré la torture que ce peuple a subie à cause de sa confession, la guerre a quand même été gagnée par les alliés. L'espoir naît alors. Un espoir de tolérance, d'égalité et d'acceptabilité.

Ayant raflé tous les césars, oscars, golden globes et palme d'or en 2003, le Pianiste a su gagner un succès triomphal pour des décennies et des décennies. Je le conseille aux amateurs d'émotions fortes. Bon film! #Films #Cinéma