Moins de trente minutes. C'est le laps de temps qu'il a fallu pour que le concert des Smashing Pumpkins, à Paris, soit complet. Et le 6 décembre dernier, le groupe originaire de Chicago - du moins ce qu'il en reste - a ravi les 700 spectateurs du Trabendo, salle intimiste postée non loin du Zénith. Histoire de faire découvrir aux fans les compositions de la dernière mouture façonnée par Billy Corgan. Dernier rescapé de la formation originelle, le chanteur en a aussi profité pour revisiter les classiques qui ont forgé la réputation des citrouilles sur la scène rock. Le tout entouré d'un line-up trois étoiles. Jeff Schroeder, guitariste présent depuis la reformation du groupe en 2006. Mark Stoermer, bassiste des Killers, fraîchement recruté, tout comme Brad Wilk à la batterie, ex-membre d'une autre sommité des 90's : Rage Against The Machine. Tout ce beau monde a entamé une tournée il y a quelques semaines, d'abord aux Etats-Unis puis en Europe avant de repartir Outre-Manche, réservant quelques surprises au public. Un jour avant le concert parisien, les spectateurs de Londres ont ainsi vu débarquer, lors du rappel, Marilyn Manson pour qui Corgan avait écrit il y a plusieurs années.

Suite et fin ?

Deux ans après la sortie du précédent opus « Oceania », les fans des Pumpkins ont pu découvrir les premières notes de « Monuments to an elegy », album comprenant neuf pistes aux sonorités terriblement variées. À tel point que quelques aficionados de la première heure ont dû bondir en entendant l'intro de « Run to me » rappelant les ambiances de « l'eurodance » d'il y a 20 ans… Après les partitions quelque peu « new wave » d'Oceania à grands renforts de synthétiseurs, la créativité de Billy Corgan n'a plus de limite. Qu'importe, le reste de l'œuvre demeure fidèle aux productions du groupe. Tommy Lee, l'ex-batteur de Mötley Crue, qui a enregistré les percussions de « Monuments to an elegy » allait dans ce sens, expliquant que l'album « sonnait comme les premiers albums » des Pumpkins. Effectivement, les guitares résonnent toujours autant, comme sur « One and all » ou « Drum+Fife », mais sont juste moins saturées que dans les 90's. À 47 ans, Billy Corgan a forcément perdu un brin de sa folie mais reste un formidable aventurier du rock, toujours à la recherche de sons nouveaux. Lui qui prétendait vouloir « révolutionner la #Musique » à l'occasion de chacune de ses nouvelles productions, réussit son pari. Au risque d'en surprendre, voire d'en effrayer plus d'un. Mais « Monuments to an elegy » reste un voyage qui, comme souvent avec les Smashing Pumpkins, fait passer l'auditeur d'un stade à un autre, d'une émotion à une autre, au fil des étapes.

Prochaine étape justement, la sortie en 2015 d'un énième opus, sorte de suite de « Monuments to an elegy ». Une suite, intitulée « Day for night » (tiens, tiens…) qui pourrait s'apparenter à la fin des Smashing Pumpkins, comme l'a sous-entendu Corgan, ces derniers temps. En 2009, Jimmy Chamberlin, batteur historique du groupe expliquait qu'il « avait du mal à jouer sous l'étiquette Smashing Pumpkins » à cause des nombreux changements opérés dans le line-up, ce qui avait causé son départ. Finalement, l'idée a peut-être fait son chemin dans l'esprit de l'omnipotent Billy…