Qui est-il ? Peu de personnes peuvent se targuer de le savoir. Restant volontairement dans l'anonymat, l'artiste urbain entretient le mystère. Seules quelques caméras de vidéo-surveillance ont pu le capturer, suffisamment peu pour multiplier les hypothèses quant à sa véritable identité.

Il est presque certain qu'il est né en 1974 et est originaire de Bristol (Royaume-Uni) puisque ses premières œuvres y ont vues le jour. Le reste n'est que spéculations. Kriston Capps, journaliste à Citylab, a même émis l'hypothèse que Banksy serait une femme.

Nous ne connaissons pas l'individu mais nous connaissons l’artiste. Mondialement connu et reconnu comme street artist, il est également peintre et réalisateur. Il use aussi de l'installation comme vecteur d'expression. Comme bien d'autres, il fait ses classes à l'école du graffiti. Mais cette technique pouvant prendre du temps, il se fait régulièrement prendre en flagrant délit. Il s'oriente donc vers le pochoir qui lui permet de rester moins de temps sur les lieux. 

Artiste intriguant, Banksy est un insoumis. Par son œuvre, il  dénonce avec un humour acide et implacable des vérités sociales dont beaucoup se sont malheureusement déjà accommodés : violences policières, agissements de gouvernements, les démences de la guerre, la misère, les détresses, les rêves d'enfants trop vites oubliés.

En exposant ainsi ses idéaux aux yeux de tous, il ouvre un dialogue, provoque le questionnement.

Un travail engagé

Dénoncer les bavures policières est une des constantes de l'univers de Banksy.

Mais Banksy est aussi très impliqué dans le questionnement de la condition humaine,  il dénonce également les injustices dont les animaux sont les impuissantes victimes.Après avoir pénétré dans l'enclos des manchots du zoo de Londres et y avoir peint en lettres hautes de 2m : "We're Bored of Fish » ("On en a assez du poisson"), il est entré dans l'enclos des éléphants du zoo de Bristol pour y laisser : "I want out. This place is too cold. Keeper smells. Boring, boring, boring" ("Je veux sortir de là. Il fait trop froid ici. Le gardien sent mauvais. Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie"). En octobre 2013, il fait circuler à New York une bétaillère emplie de peluches d'animaux animées et sonores. Cette installation mobile est intitulée “Sirens of the Lambs” ("Sirène des agneaux")...

Des œuvres percutantes

Sa notoriété et son influence dans le petit monde si fermé de l'art lui ont permis d'avoir les moyens financiers nécessaires à des entreprises de grande envergure. 

En 2005, au sein du projet Santa's Guettho il se rend en Cisjordanie à l'occasion du troisième anniversaire de l'avis rendu par la Cour Internationale de Justice de La Haye condamnant la barrière de séparation israélo-palestinienne. Pour protester contre le mur de Gaza, il offre illégalement au monde neufs fresques poétiques, insolentes et pacifistes, malgré les tirs de sommations et les fusils des forces de sécurité braqués sur lui et son équipe.
Au cours de ce voyage, il dissémine plusieurs œuvres dénonçant les actes de guerre entre Israël et la Palestine. 
Les traces de Banksy à la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina...

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Un artiste définitivement pacifiste

Pour marquer le triste anniversaire des trois ans de conflit en Syrie, il a projeté sur la Galerie Tretyakov, à Moscou, un court-métrage d'animation consacré au conflit syrien. Détournant un de ses célèbres personnages, la petite fille au ballon rouge, il livre une œuvre co-créee avec Idris Elba. 

So what ?

Comme tous les artistes à l'univers anticonformiste, Banksy ne fait pas l'unanimité.  Un Palestinien lui a d'ailleurs reproché d’embellir ce mur qui aurait du, selon lui, rester laid comme ce qu'il représente. 
Les démarches de Banksy ont au moins une raison d'être : continuer d'interpeler le monde sur les injustices. Il ne faut toutefois pas oublier que, pour que cela porte ses fruits, le monde doit garder les yeux ouverts...


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