Alors que nous commençons à fatiguer après ce marathon du " gras manger", il demeure, tradition oblige,  un cap à franchir juste  avant de laisser nos corps appesantis se vautrer dans la détoxification d'après fêtes. C'est la "fameuse" galette des rois, dont nous nous régalons le jour de l'Epiphanie, le 6 janvier. Jusque là, inutile de laisser l'esprit de la fête au vestiaire, la galette n'attend pas. Nous non plus d'ailleurs. 

Quelle est l'origine de ce rituel païen? Du temps de Rome, la glorieuse, et des Saturnales, fêtes romaines se situant entre la période de fin décembre et début janvier de l'année suivante. En cette occasion, un esclave était proclamé "roi d'un jour" et tout au long de cette journée, ce "roi" avait l'opportunité d'exaucer tous ses désirs. Vive le roi! Cette festivité avait un caractère sacrificiel et un objet : agir contre les mauvais esprits et autres réjouissances. 

Il existe également une autre interprétation de cette "Epiphanie" qui est le contraire de la déclinaison païenne, et dont l'église catholique s'est emparée, à savoir la présentation de l'enfant Jésus aux rois mages. Ce qui est improbable, puisque la concordance des dates est exclue.

De manière plus pragmatique, la "fête des rois", concrétisée par la célèbre  dégustation d'un gâteau appelé "galette" fourrée de crème frangipane, avec en son coeur un petit sujet, nous permet de couronner "un roi" qui se choisira sa reine.

Cette traditionnelle dégustation de la galette n'eut pas lieu qu'en 1711 alors que sévissait une grave famine, et que le Parlement parisien , en délibéré,  fit interdire la fabrication du gâteau pour ne produire que du pain. Au XIIIème siècle, les  jeunes femmes accouchées offraient un "gâteau à fève" pour leurs relevailles.

Louis XIV malgré le rituel lourd de l'Etiquette à Versailles, voyait paraître sur sa table et les tables réservées à sa cour, ce gâteau traditionnel, avec fève et couronnes.

Cette fête gustative marque la fin officielle des festivités, mais elle peut se prolonger encore quelques jours. Un pâtissier de renom affirme qu'en général, ce temps s'achève fin du mois de janvier.

Au delà de ce rituel gastronomique, il existe tout un domaine industriel pour la fabrication de ces petits sujets que l'on nomme "fèves" et une course annuelle se produit entre les pâtissiers qui, afin de se fidéliser une clientèle, offrent des sujets de fabrication française. Plus encore, il en est qui vont jusqu'à annoncer un "prix" d'or, traduction : une pièce, une fève, un article en métal précieux. Cela aide à la vente et gonfle le chiffre d'affaire. Malheureusement, le marché a quasiment quitté l'Hexagone pour se faire voir ailleurs, jusqu'en Chine! Heureusement, il existe encore des irréductibles gaulois qui ne s'en laissent pas compter et qui veulent garder pour eux une fabrication purement française.

La galette c'est gonflé? Oui un peu puisque le prix de revien du produit fini est légèrement majoré mais clamons haut et fort le "cocorico" de la France! Certains commencent à exporter ce savoir faire à la française!

Ronde est la galette, mais je ne l'imagine pas autrement, sous sa couleur éclatante et dorée, son odeur engageante, et son croustillant délicat. En ce dimanche 4 janvier 2015, jour de la dégustation familiale ou autre, que soit briquées les couronnes, et que monte fièrement ce cri désuet : vive le roi! Vive la reine! Et bon appétit!





#Gastronomie