Son univers obsessionnel, parfois cru, a le don de choquer. « Pour moi, lorsque la création est sincère et intelligente, elle ne va jamais trop loin. Mais à la fin des projections, on me pose souvent la question sur mon rapport avec les hommes », sourit-elle. À 34 ans, Aurélia Mengin est une réalisatrice que l'on pourrait qualifier de hors normes dans le sens où elle ne se contente jamais du banal. Entre sexualité, violence et obscurité, ses oeuvres bousculent la formalité. Autant vous dire qu'à côté de son univers, « Cinquante nuances de Grey », c'est le pays des Bisounours. Par ailleurs, elle ne pense pas que le succès du film soit synonyme de société plus ouverte.

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Bien au contraire. « Quand vous prenez 'Les Valseuses'. C'est un film qui date des années 70, lance-t-elle. Regardez Nymphomaniac. Lars von Trier va au fond des choses dans ce film. Sans vulgarité. Or, très peu de gens vont dire que c'est un bon film. Beaucoup ressortent choqués. Pour moi, c'est un chef d'oeuvre. »

Entre la Réunion et la métropole, Aurélia Mengin a toujours rêvé #Cinéma. Après avoir essayé de devenir comédienne, elle a décidé de passer derrière la caméra. Elle réalise de véritables ovnis cinématographiques comme « Macadam Transferts », « Karma Koma » et « Autopsy des délices ». Des films qui ne laissent jamais indifférents. « Le corps est présent dans tous mes films, explique-t-elle. Cela peut choquer ou mettre mal à l'aise. Je n'aime pas savoir que la femme soit cantonnée à un rôle d'instrument. Il faut qu'il y ait de la souffrance, de l'humanité derrière les personnages. » Boule d'énergie et toujours souriante, Aurélia n'en est pas moins une forcenée du travail.

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Depuis plusieurs semaines, elle bûche sur son bébé, le Festival « Même Pas Peur » (18 au 21 février), qui depuis cinq ans rassemble des courts-métrages fantastiques. Elle y présentera sa dernière trouvaille, le sulfureux « Adam moins Ève. »