Que nous racontent les films à succès de notre joyeuse société, tourmentée, mais peu s'en faut, par quelques faits qui tombent parfois comme une chevelure sur la soupe des divertissements? En quelques films, une petite écologie du #Cinéma ne sera pas de trop pour titiller la pensée avec un brin de satire.

Question de vocabulaire

Si l'écologie est la "science ayant pour objet les relations des êtres vivants avec leur environnement, ainsi qu'avec les autres êtres vivants", tout d'abord remercions le dictionnaire Larousse en ligne pour ce petit rappel, et Wikipédia si nous voulons aller plus loin, puis amusons-nous, et détournons ce mot hyper tendance et parfois galvaudé pour l'assaisonner à une sauce culture, relativement populaire et accessible, appelée cinéma. Observons ses relations avec l'environnement médiatique actuel. Papilles neuronales en ébullition, direction les sorties de ce mois de février.

Concordance des temps

Fallait-il attendre que le film L'Enquête, de Vincent Garenq, s'affiche sur grand écran pour que sorte enfin l'enquête fameuse autour du scandale financier qui auréole la banque britannique HSCB? Pas tout à fait visiblement, puisqu'à quelques jours près, les journaux ont précédé le cinéma en ce mois de février 2015. Drôle de synchronie toutefois.

D'un coup d'éclat à l'autre, entre Clearstream au cinéma et les Swissleaks, l'ahurissement est au rendez-vous. L'argent n'a pas d'odeur, évasion fiscale, blanchiment d'argent pour des groupes de criminels, clients ayant des liens troubles avec le terrorisme et Al-Qaida, la banque HSBC semble bien, et de loin, dépasser l'affaire Clearstream dans la course au scandale. Le fantôme vomitif des opacités financières rode des journaux jusqu'aux loisirs. Quel répit nous laisse-t-on? Malgré quelques nausées, nous n'en avons pas pour autant les dramatiques symptômes du virus Ebola. Nous laisserons donc le soin de cette question à Alexandra Lamy, dans son rôle discret et secondaire de médecin engagée dans l'humanitaire au cours du film BIS.

Du spectacle, et du divertissement

Merci Dominique Farrugia, s'il n'y avait pas d'humour où irait-on? L'absence de défis crée l'ennui oisif, le même dont parlait Baudelaire dans sa préface au lecteur, voici donc la satire rédemptrice de deux quarantenaires en crise. BIS nous montre bien que, face à cela, n'en déplaise aux spots de prévention contre l'alcoolisme chez les jeunes, le breuvage composé de la formule chimique brute C2H6O peut encore faire des miracles, et nous ramener, au prix d'une douloureuse chute dans un escalier, et seulement en duo, jusqu'en 1986. 

Alors voyageons dans le temps, le divertissement canalise l'attention, détourne de l'ennui, et de ce qui nous ennuie. Du pain et des jeux se sont changés, du moins en France, en un RSA et la TV. Peu importe, allons au ciné, que le spectacle continue, et fasse recette. Depuis sa tombe, les os de Guy Debord s'entrechoquent et applaudissent le film Night Call de Dan Gilroy comme la digne représentation de notre société du spectacle, avec son journalisme d'images chocs vendues à prix d'or, et entrainant tous types de dérives jusqu'à leur obtention. Si l'acteur Jake Gyllenhaal cherche des images de plus en plus trash, l'actualité du terrorisme nous en a plus qu'offert.

Comme un Big Data, tourbillons de données qui s'entrecroisent et forment une drôle de mayonnaise, la chronique se poursuit encore sur deux épisodes. Petit clin d'oeil, c'est ce qu'on appelle fidéliser le lecteur...

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