Sortie le 18 février 2015, on y retrouve Alain Chabat, Jonathan Lambert, Élodie Bouchez, Kyla Kenedy. (1h27)

Le Pitch : Jason Tantra, un cameraman souhaite réaliser un film d'horreur de série Z. Pour cela son producteur lui donne 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l'histoire du #Cinéma.

Dans cette histoire tournée à Los Angeles, des personnages se croisent de près ou de loin, dans la réalité, ou peut-être en rêve. Ils ont chacun leurs singulières obsessions. Ainsi, Jason Tantra (Alain Chabat) cherche le gémissement parfait qui l'amènera aux Oscars. Reality, une enfant (Kyla Kenedy) ne pense qu'à découvrir ce qui se trouve sur une cassette qu'elle seule semble avoir aperçue. Pendant ce temps, Zog, (John Glover) un ancien documentariste, la filme quand elle s'endort. Et un présentateur est persuadé d'avoir de l'eczéma.

Critique

On sort de ce film ravis. Mais avec une impression étrange, qui est largement due au plaisir d'avoir été entraîné à suivre malgré soi une logique qui ne l'est pas (comme dans les rêves).

Ce qui est sûr, c'est qu'on a passé un bon moment toute la durée du film. Bien qu'il ne provoque pas de passions immédiates, c'est réussi en tous points. Les acteurs prouvent une nouvelle fois leur talent comique. Il ne faut cependant pas s'attendre à être hilare durant toute la projection, mais le film est réjouissant.

Réjouissant comme quelque chose d'incongru qui donne une bouffée d'air. Dans ce film, tout est improbable. Tant les dialogues que les liens entre les personnages. Ces derniers agissant eux-mêmes d'une manière mécanique. Du coup, la comédie frise le burlesque. Les scènes oniriques se mélangent à des scènes de vie quotidienne créant un décalage absurde. Dans certaines scènes, le personnage semble bloqué, coincé dans une dimension spatio-temporelle, à plusieurs niveaux de réalités. Ce qui finit par créer un crescendo d'absurdités. Ajoutons des multiples interruptions en tout genre, dont par une mélodie électronique servant de transition, et l'intervention à plusieurs reprises d'une tierce personne, découvrant et révélant l'absurdité d'une scène. Ce qui nous place à nouveau à distance de l'histoire. Finalement, ces personnages et les spectateurs de la salle partagent le même sentiment d'incompréhension.

Un tel scénario pourrait perdre le spectateur en route. Il n'en est rien. Le film parvient à entretenir un certain suspense jusqu'au bout. Ce suspense vient précisément de la quête improbable des personnages, et aussi de l'espoir que l'on a d'avoir une explication logique à la fin.

Une mention particulière pour la prise de vue, avec un effet d'harmonie crée par un jeu de lumière sur les teintes beiges et les touches de rouges récurrentes.

Pour résumer, comme l'a dit mon voisin : « J'sais pas s'il y a quelque chose à comprendre ». Oui, en effet, comme dans les rêves...Mais il y a des rêves qu'on garde en mémoire.



G.S.