Le débat sur le système éducatif fait rage en #Algérie. La subtilité des discussions avoue la qualité piètre des cours. Mais due au vecteur linguistique, l'identité arabe s'exprime de la langue et se fige dans l'école. Les disputes entre arabophones et autres langues, des berbères et francophones, sont exacerbées et sont souvent des élucubrations. Le support lexicographique lié à la langue nationale dans l'éducation publique, n'agit pas pour l'universalité, il sacralise un principe national.

L'école algérienne, généralement étatique, vit, depuis que le pays est passé au pluralisme en octobre 1988, des difficultés aussi bien organisationnelles que d'orientation. La baisse du niveau date de l'époque antérieure à la révolte des « octobristes ». Mais depuis, il n'y a pas eu d'années sans que des grèves ne viennent perturber le bon déroulement des programmes. Cette saison 2014/2015, promet un arrêt de travail, touchant le palier des lycées. C'est là que se cristallisent les revendications de l'ensemble du système éducatif avec une jeunesse en adolescence, devant son destin.

A l'arrivée, avec le gouvernement du 4ème mandat du président Bouteflika, de l'actuelle ministre chargée de ce secteur à fois la sensible et primordial pour l'avenir du pays, Mme Nadia Benghebrit, une lueur de changement fut toute espérée, voire affichée et même proposant une recomposition des contenus appris aux jeunes Algériens. Mais des forces largement ancrées dans l'orientation de l'élargissement de la langue arabe, ont riposté en parodiant la responsable qui ne maîtriserait pas la langue nationale.

Le dérangement subit par la génération en formation, revient au climat politique du pays, l'une des conséquences telle celle envers l'économie. La prépondérance de l'islam parée de langue arabe, dans le dysfonctionnement de la démocratie induite en 1988, sont des valeurs contraignantes notamment à l'école, comme le respect de la vie privée dont relève le choix de religion, met sous tutelle culturelle l'éducation.

Le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire (les lycées) et technique (Snapest) appelle à la grève 10 et 11 février. Appelant tous les enseignants et l'ensemble des fonctionnaires du secteur de l'éducation à participer à cette action. Selon son communiqué, le Snapest se met au diapason des incohérences qui jalonnent l'école algérienne. Un fait proéminent et conflictuel, comme une grève, reflète ces désordres.

Cette manifestation de se soustraire à leur mission professionnelle, est motivée par une revendication relative au statut particulier des éducateurs promulgué en 2008 et déjà modifiée en 2012. Ce syndicat reconnait ce passif le citant dans communiqué et les discussions avec le ministère concerné. Il ne tient pas à la promesse d'une reconfiguration statutaire et s'engage dans la grève. De quoi, se questionner de la contradiction ?

Pour décrire l'atmosphère que vit l'école algérienne, la description du haut rapporteur de l'ONU qui n'a pas été de main morte, avec l'usage du précis de « faits saillants », à critiquer la qualité de l'éducation en Algérie, permet une lecture impartiale. Qui peut mieux brosser le tableau des ratures et dérives dans le discours de l'école algérienne, que Mr Kishore Singh en visite au pays et qui a souligné, mardi 3 février à Alger, la "nécessité" de répondre aux normes de qualité pour l'éducation en Algérie.

Si le rapporteur spécial de l'ONU, incite à renforcer les actifs réalisés dans ce domaine, souscrivant au bon nombre d'enfants scolarisés, il désigne le redoublement, l'abandon et la surcharge des classes comme défaut. Estimant que les disciples ne reçoivent pas le savoir pertinent. De ses recommandations, Singh a appelé à "élever" le niveau des apprentissages et souligné la nécessité « d'améliorer la formation des enseignants, (...) pour le transfert des droits, des valeurs humaines et de la citoyenneté démocratique. » #Education