Ancien ambassadeur de France en Mauritanie et au Soudan, Michel Raimbaud sait de quoi il parle lorsqu'il évoque le terrorisme et le djihadisme. Son ouvrage, il le décrit comme : « surtout pas un livre de combats ! Mais une explication globale de la lutte internationale entre les BRIC'S et le bloc occidental autour de la Syrie ». Un pays qui souffre. Et pour lequel il propose deux pistes pour une sortie de crise. « Il doit d'abord y avoir une conférence nationale entre le gouvernement et l'opposition si celle-ci accepte d'aller à la table des négociations. La Russie et l'Egypte de Sissi sont en train de tout mettre en œuvre pour qu'elle ait lieu. Le problème est qu'il n'y a pas vraiment d'opposition mais quelques mouvements. Sur le terrain, elle est discréditée. Beaucoup d'efforts sont nécessaires pour les convaincre de négocier et de venir à la table des négociations », explique l'ancien ambassadeur.

Daesh est l'héritier d'Al-Qaïda

La deuxième est plus globale et concerne une conférence internationale. « Avec l'Egypte et la Russie. Les Russes ont une part prépondérante dans ce dossier. Ce sont les seuls qui peuvent réunir l'opposition à Moscou ». Pour lui, le régime Assad, qui supporte tout le poids du djihadisme, ne doit pas forcément tomber. Car il est l'un des remparts contre le terrorisme. A ce titre, il se réjouit d'ailleurs que les USA acceptent d'entamer des négociations avec le régime syrien. Il n'ose imaginer ce que serait devenu le pays en cas de chute d'Assad. « Que serait devenu la Syrie si l'opposition avait gagné et que le régime légal avait été renversé ? Comme la Libye, un pays dans le chaos total avec deux gouvernements et deux parlements », souligne-t-il. Il explique encore comment tous ces groupes terroristes ont un lien de parenté évident. « Daesh est l'héritier d'Al-Qaïda créé par les USA, l'Arabie Saoudite et le Pakistan pour contrer le communisme. C'est difficile pour certains Etats d'éradiquer ce qu'ils ont créé. L'AQMI est aussi une branche d'Al-Qaïda. C'est la même chose pour le MUJAO et Boko Haram qui a fait allégeance à l'Etat islamique. Daesh recule et il y a un appel à immigrer vers l'Afrique de l'Ouest ». Pour conclure, il rappelle encore une fois. « Il faut absolument deux négociations : une nationale et une internationale ». #Livres