Après la sulfureuse géopolitique, les frasques bancaires, et le SM un peu tiède mais bruyant, c'est le cœur en joie que l'écologie, la "vraie", se fraye un chemin mi-révolté, mi-coupable, dans l'inconscient de nos esprits crépitants aux signaux lumineux réfléchis sur l'écran. Si la lumière réfléchit, pourquoi pas nous ?

On passe l'éponge, le plastique reste

Alors que d'ici une dizaine d'années, la quantité de plastique dans les océans devrait atteindre 80 millions de tonnes, on ne s'étonnera pas que Bob l'éponge cherche à tous prix à en sortir. Mais la petite éponge jaune et ses amis suffiront-ils à sensibiliser le jeune public à l'acidification des océans, la pêche à outrance du thon rouge, ou encore la fonte de la banquise ?

Arguons que leurs sensibilités sauront s'émouvoir par empathie, car aucun animal marin, à l'instar de ce héro spongieux, ne saurait quitter le milieu océanique pour mettre à sac nos industries productrices de plastique. Les seuls à s'en extraire, le font généralement de mauvais gré. La pêche intensive les y aide pourtant de son mieux. Mais qui sait, peut-être préfèrent-ils déguster ces nouveaux mets, qui par leur taille ressemblent à s'y méprendre à du plancton, et répondent au nom plutôt tendance de microplastiques. Retour à l'envoyeur, les voilà savamment assaisonnés dans notre assiette pour une opération kamikaze. Pas d'alarme sanitaire pour le moment, rassurons-nous, Bob l'éponge préfère le pâté au crabe... et le crabe le plastique !

Comme un loup dans la bergerie des autruches aveugles

L'homme est un loup pour l'homme selon la célèbre formule, alors tant qu'il y aura des hommes, il y aura des loups ? Sophisme douteux, ne nous y trompons pas.

Alors que le président François Hollande s'est rendu aux Philippines exprimer son implication au sujet du climat, Jean-Jacques Annaud, dans son film le dernier loup nous montre bien le fonctionnement des chaines d'interdépendances et comment, d'une seule modification découlent des réactions en chaine, parfois insoupçonnables. Restons dans la zoologie en souhaitant par effet papillon que le film agisse de façon inspirante au moment du sommet sur le climat, qui aura lieu en décembre 2015 à Paris. Mais d'ici là, les pépites cinématographiques offertes par le cinéaste, nous régalent. Le loup après avoir été le super prédateur des contes pour enfants, d'espèce menaçante est passé à espèce menacée. Petit Quizz, combien en reste-t-il dans les Pyrénées ?

Sauver le monde, formule consacrée et vaste programme !

Face à cela, qui n'aurait pas envie de "sauver le monde", se sentir pousser les ailes de Birdman, même si elles collent à la peau une fois reconverti ? Catharsis en action, et espoir par procuration, c'est la fine équipe des Kingsman qui s'y colle. D'un côté la toute puissance d'agents secrets à laquelle la jeunesse s'identifie, versus, hors des salles, le glas funèbre des informations médiatiques qui font tomber des nues les restes de nos sensibilités face au monde. Le choix est vite fait, les nouveaux héros s'emparent aussi de ce pouvoir, nous les suivons. Les luttes manichéennes s'expriment. Le réel est moins limpide.

Un panini de films, sauce mémoire et piment caustique

Nos connaissances quantiques en matière de trous noirs ne nous offrirons peut-être pas le même luxe d'avenir prometteur que dans le film Interstellar, et même si Stephen Hawking dans une Merveilleuse histoire du temps, nous montre qu'il existe un début au temps, pourrons-nous le remonter autrement qu'en regardant les étoiles ?

Le désorientant Projet Almanac fait temporellement rêver cette possibilité. En admettant qu'il ne soit pas une narration fantasque, à quel moment aurait-il été temps de changer pour améliorer la situation ? La mémoire n'étant qu'un subterfuge à la volonté de repartir en arrière, la seule réponse sensée serait certainement : maintenant ! #Films #Ecologie