« Dynamique », « caméléon » et « surprenant », voilà comment Alex Ramirès se définit. Trois mots qui lui collent parfaitement à la peau. À seulement 25 ans, (bientôt 26, aïe!) il déborde d'énergie et semble déjà avoir eu trois vies. Son inspiration, il la trouve au quotidien. Tout l'inspire : la mode du contour des lèvres, les enfants de la cour de récré, les VDST (Vieux dans sa tête), les nounous alcooliques... Ce qu'il ne voit pas dans la rue, il le trouve dans sa tête, dans ses souvenirs, au cinéma, dans les dessins animés, en observant ses amis, sa famille. Sur scène, il joue, il chante, il danse... Il fait rire, certes, il pique là où il faut, il a le sens du détail, mais il sait aussi cueillir le public avec l'émotion. En quittant la salle, on réalise qu'Alex Ramirès n'est pas qu'un simple humoriste. Alex, c'est un comédien.

Blasting News : Alex Ramirès fait sa crise, il raconte quoi ce nouveau one-man show ?

Alex Ramirès : C'est le spectacle de la maturité et de l'immaturité. Il est né qu'avec des peurs : la peur d'être en couple, la peur de grandir, la peur de vieillir, la peur de tomber amoureux. Je mets en avant ce que ça fait d'être adulte, d'avoir des responsabilités. Et puis j'avais envie de faire des personnages immatures aussi, à une échelle différente. Finalement, ce spectacle est né d'une mini thérapie : je suis partie de mes petites angoisses pour en faire des sketchs.

Cinq ans se sont écoulés entre Saison Hein !? et Alex Ramirès fait sa crise : que s'est-il passé dans la tête d'Alex pendant tout ce temps ?

J'ai appris à jouer. J'ai appris à jouer des choses qui ne sont pas forcément drôles et j'ai surtout appris à écrire. Jocelyn Flippo, qui était l'auteur de mon premier one man show, m'a poussé à l'écriture. Après deux ans à jouer Serial Lover à Avignon, on s'est dit « qu'est-ce qu'on fait ? ». Je suis passé par une phase d'introspection et puis je me suis dit : « qu'est-ce que je veux raconter ? ». À partir de là, j'ai réussi à mettre sur papier ce que je voulais pour accoucher de Alex Ramirès fait sa crise.

Qu'est-ce que l'écriture de ce spectacle a changé pour toi ?

L'écriture a réglé tous mes problèmes ! J'avais peur d'être en couple, maintenant je n'ai plus peur d'être en couple. J'avais peur de vieillir, je n'ai plus peur de vieillir. Ça a été une thérapie, même si je n'aime pas le dire comme tel parce que je n'ai pas vu de psy, mais c'était une base. Ensuite, il fallait que ce soit drôle donc c'était un vrai exercice. Il fallait trouver des choses intéressantes mais les tourner pour qu'elles fassent rire. Des frustrations on en a tous mais moi je veux faire rire donc il faut travailler le texte dans ce sens-là.

Pas de religion, pas d'actualité, pas de politique. Pourquoi ? Ces sujets ne t'inspirent pas ?

Je pense que ce sont des sujets qu'il faut bien maitriser pour pouvoir en faire un spectacle et il faut avoir quelque chose à dire par rapport à ces thématiques. Pour avoir une opinion, il faudrait déjà que je planche dessus. Je pense qu'il est plus facile de parler de soi, de ses propres expériences parce qu'on sait de quoi on parle. Tu peux parler de tes erreurs, de tes frustrations, tu as tous les éléments en tête, tu maitrises le sujet.

Ton spectacle parle beaucoup de l'enfance. Alex ramirès serait-il nostalgique ?

A fond ! Plus nostalgique que mélancolique. Pour moi l'enfance c'était un âge d'or. Je suis nostalgique parce que j'aimais bien cette liberté que j'avais. On faisait ce qu'on voulait, en tout cas le temps d'une récré. Et j'avais envie de retrouver cela dans le spectacle. Les gamins quand ils jouent aux pirates, ils y croient, ils lâchent rien et moi j'ai envie d'y croire vraiment sur scène. Je ne dirais pas que j'aimerais revenir en arrière mais j'aime bien repenser à cette époque. J'aime bien être nostalgique, c'est un état qui me plait. Comme je regarde en arrière, je ne vois pas ce qu'il y a en avant donc j'ai pas peur d'avancer. Ça me protège et je me rappelle d'où je viens.

D'après toi, la crise des 25 ans, elle existe ?

Moi j'ai eu la crise des 24 ans. Je pense que j'avais peur d'avoir 25 ans. J'avais très très peur du quart de siècle. Alors oui la crise des 25 ans, ça existe. Pour moi, c'est le passage entre l'adolescence et l'âge adulte. Une fois que tu as 26 ans, on te voit comme un adulte. Tant que tu as 24 ans, tu passes encore pour un jeune.

Au quotidien, qu'est-ce qui peut faire « criser » Alex ramirès ?

Beaucoup de choses, mais surtout des petites futilités. En fait, ce qui me fait le plus criser, ce sont les gens qui se prennent au sérieux, en général. On peut tout faire dans la vie, mais il ne faut pas se prendre au sérieux. Il ne faut pas s'écouter parler, c'est ce qui m'énerve le plus.

Qu'est-ce qu'on ressent lorsqu'on fait la première partie de Gad Elmaleh ?

Quand on m'a appelé, j'ai vraiment flippé et en même temps j'ai kiffé donc j'ai « fliffé ». C'était un gros coup de « fliff ». C'est comme quand tu sors d'un restaurant, tu t'aperçois que t'as oublié de payer mais tu te rends compte que tu es déjà dehors.. tu fliffes ! T'es content mais t'as peur. Le mariage aussi, c'est un gros coup de fliff ! Finalement ça s'est très bien passé :)

Pour l'applaudir : Alex Ramirès est à Paris au Théâtre des blancs Manteaux, du lundi au jeudi (jusqu'au 25 juin) et au Royal Factory à Versailles, les samedis (jusqu'au 27 juin). Il a également une chaîne Youtube et une page Facebook (Alex Ramirès).

Foncez ! Des crises comme celle-ci, on en veut bien tous les jours ! #Humour