Audiard vient d’obtenir la Palme d’or lors du 68ième #Festival de Cannes. Le Grand Prix  revient au "Fils de Saul" du cinéaste Hongrois Laszlo Nemes qui raconte le quotidien d'un membre des Sonderkommandos, ces juifs forcés à collaborer à la solution finale.

Le film qui pose problème aux Français est bien celui de Jacques Audiard (un film français en langue tamoule) qui, par une mise en scène  réaliste, arrive à mettre en situation les Français devant leur hypocrisie feinte. Il observe  la réalité sociale française à travers l’œil d'une famille Tamoule. L’école est intégratrice et la banlieue est violente. Les critiques et journalistes français n’acceptent pas le constat brutal et tellement réaliste de Jacques Audiard sur la société française.

Les Français ont un réel problème avec la réalité. On préfère les auteurs qui disent des mensonges en la camouflant, à ceux qui essaient difficilement d’être les révélateurs d’une vérité que l'on ne veut pas voir.

A Cannes, on aurait aimé un film qui ne concerne pas les Français. Manque de pot, les Frères Coen, cinéastes émérites, sont davantage en faveur d’un cinéma d’auteur que du cinéma plus théorique dont raffolent les Français, souvent sans prise réelle avec la réalité.

Il faut aussi féliciter les différents Présidents américains des jurys du Festival de Cannes qui ont toujours récompensé le cinéma français: Sean Penn  a valorisé le film "Entre les murs", Steven Spielberg a offert la Palme d'Or à "La vie d'Adèle" et aujourd'hui les frères Coen décernent celle-ci à Audiard. D'autres Français ont été récompensés cette année: Vincent Lindon a remporté le prix d'interprétation masculine pour son rôle dans "La loi du marché", Emmanuelle Bercot a partagé le prix d'interprétation féminine avec l'américaine Rooney.

La Palme d’Or de Jacques Audiard oblige les Français, surtout les critiques, à accepter la réalité violente et cachée de la société française car l’œil des migrants de l’Afrique francophone est souvent privilégié pour montrer la France à travers ses vertus intégratrices. Telle n'est pas la vision tamoule, déconnectée de la société afro-francophone, qui désarçonne les critiques.

Heureusement que le jury de Cannes n’est pas formé que de Français, sinon Audiard n’aurait pas obtenu la Palme d’or.