Sujets brûlants et souvent polémiques, déclencheurs parfois de passions et de jugements hâtifs ou réducteurs, l'immigration, l'homosexualité, le sexisme, et les questions raciales, ont divisé le genre humain en catégories d'inégalités dont les traces ou les manifestations sont encore bien présentes dans nos inconscients et nos sociétés. Comment alors aborder au mieux ces sujets si sensibles avec les collégiens et lycéens ?

C'est du lourd !

Donner des outils pour répondre à cette problématique, c'est ce que propose l'#Exposition l'Egalité en Bandes Dessinées. En 10 panneaux réalisés par Jean-Phillipe Mauve, ce ne sont pas moins de 30 Bandes Dessinées qui sont ainsi mises à l'honneur à l'espace des Diversités et de la Laïcité de Toulouse. Au fil des genres qui se croisent, historique, humoristique, autobiographique, science fiction, etc… nous suivons le fil conducteur de la découverte de la différence et de la discrimination. Du grand classique Maus, d'Art Spiegelman, qui s'attaque au nazisme et à l'antisémitisme, en passant par Persepolis de Marjane Satrapi dont la réputation n'est plus à faire, Martin Luther King JR, de Teitelbaum, Helfand, Kamar, ou encore la vie de la révolutionnaire Olympe de Gouges vue par Catel et Bocquet, (une parenthèse pour reprendre son souffle tant cette phrase est longue!), l'exposition nous fait découvrir de nombreuses pépites et prétextes à discussions.

Comme un avant goût de lecture

Si les panneaux s'adressent explicitement aux lycéens et collégiens par le ton qu'ils emploient parfois, les bandes dessinées se destinent à tous lecteurs bien au delà du secondaire. Piochons-y l'esquisse d'un parcours de #Lecture

La ligne droite d'Hubert et Marie Caillou, est une œuvre au graphisme très épuré. Son image résolument sans profondeur ni perspective et sa palette de couleurs restreinte nous concentrent sur l'intériorité des perceptions du personnage.

Amazigh, récit autobiographique, de Mohamed Aredjal et Cédric Liano, développe au fil des pages le parcours difficile de l'un des auteurs. L'extrait choisi sur le panneau de l'exposition rend visible la réalité du test osseux. Un test qui détermine l'âge des migrants, sans laisser l'occasion à la parole de mentir ou de dire la vérité. C'est à son issue que les individus sont fixés sur leur sort. C'est un des sujets brulants et nécessaires qui interrogent notre société.

Dans un tout autre registre, catégorie humour à tout va, fraiche et mordante de satyre, La lesbienne invisible, d'Océane Rose Marie et Sandrine Revel, est aussi un récit aux accents autobiographiques, à la palette aquarellée et la touche sensible. D'une BD à l'autre, les voies sont multiples pour aborder le thème de l'égalité versus discrimination.

Une exposition promise à l'itinérance

L'égalité en Bandes Dessinées est faite pour vadrouiller avec sa mallette pédagogique, autrement dit avec l'ensemble des BD présentés. De quoi en réjouir plus d'un. Organisée de concert par l'association Arc-en-Ciel et la Mairie de Toulouse, en collaboration avec l'association Refuge, cette exposition constitue le troisième volet du cycle « Enseigner l'égalité ». Comme les deux expositions précédentes, « Littérature jeunesse contre les discriminations » et « Cinéma contre l'homophobie » elle est promise à l'itinérance dans les collèges et lycées qui en font la demande. D'ici-là, elle est encore accessible à l'Espace des Diversités et de la Laïcité de Toulouse jusqu'au 20 juin. #Education