Pendant quelques jours, les armées françaises et alliées connaîtront une nouvelle jeunesse à Waterloo. Et pour ce Bicentenaire, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands : une centaine de canons, plus de 300 chevaux, des fermes entièrement reconstruites, un site touristique remis à neuf et plus de 5.000 reconstitueurs. Ce qui fera de ce Bicentenaire, la plus grande reconstitution historique du premier Empire !

Mais qui seront ces reconstitueurs qui vont fouler la morne plaine ? Venus de l'Europe entière et même d'au-delà, certains sont Belges. Parmi ceux-ci : Gérard Bourlier, alias le Capitaine Lacharge, qui sera avec "son" 2me Régiment de Dragon, sous les ordres de sa majesté impériale Napoléon 1er !

Rencontre avec un des 5.000 reconstitueurs de la #Bataille de Waterloo au travers de quatre articles qui devraient vous permettre de tout connaître sur le monde de la reconstitution. Ci-dessous, vous pouvez consulter l'article numéro 3. Pour consulter les autres, c'est par ici :

Le 1er article : Rencontre avec un reconstitueur.

Le 2e article : Une reconstitution : scénario ou impro, jeu ou compétition ?

Le 3e article : Retrouvez le ci-dessous !

Le 4e article : Tout est d'époque : langage et alimentation !

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Des Anglais chez les Français et inversement !

Les reconstitueurs forment un petit monde. Rassemblés par une même passion et issus de tous les pays européens et même de par-delà les océans, ils sont quelques dizaines de milliers à travers le monde. Du coup, on se croise, recroise et re-recroise au fur et à mesure des évènements. Ce qui crée évidemment des liens.

Mais cet énorme brassage international amène quelques situations cocasses. De nombreux Anglais préfèrent par exemple reconstituer des régiments français ! On retrouve aussi des régiments typiques d'une nation de l'époque, reconstitués entièrement par des étrangers… C'est un peu comme si ce weekend la Garde Impériale était constituée d'une majorité d'Anglais et qu'à l'inverse, des Français garnissaient les rangs des tuniques rouges ! Ce serait le monde à l'envers !

Et si tout est fait pour coller à la réalité au sein des reconstitutions, il arrive aussi parfois qu'un peu de folklore s'invite à la fête : « A Marengo en 2000, j'ai par exemple été très surpris d'être touché par une flèche de Bashkir (un cosaque russe) c'était complètement inattendu ! Un fait qui relève de l'anachronisme. Mais comme ils avaient participé à la campagne de Russie, ils ont été autorisés à cette reconstitution !

« J'ai sauvé l'Empereur Napoléon ! »

Des anecdotes comme celles-là, le Capitaine Lacharge n'en manque pas, après 20 ans passés dans le 2me Régiment des Dragons, il regorge d'anecdotes. Voici ses préférées :

"A Austerlitz, nous avons dû faire avec 7 cm de neige et des températures de moins 7°C, un peu comme lors de la reconstitution de la retraite de Russie où nous devions dormir dans la neige. Des Canadiens, habitués à ces conditions extrêmes ont même passé la nuit entourés de leurs seuls manteaux !"

« A Iéna, je n'ai pas réussi tout de suite à dégainer mon sabre, qui est resté accroché au ceinturon. J'ai donc failli à ma mission, vu que je ne pouvais pas défendre l'empereur. Heureusement, mes compagnons sont arrivés ! »

"Par contre, à Waterloo il y a quelques années, j'ai sauvé la vie de l'Empereur Napoléon. Alors qu'il se baladait en dehors des heures de la reconstitution, sans gardes et accompagnés de deux-trois officiers, ils ont été pris pour cible par des cuirassiers ennemis. Je passais par-là totalement par hasard, j'ai donc réagi de suite en appelant en même temps à l'aide ! Et avec les autres dragons, nous avons repoussé les deux audacieux !

Ce jour-là reste "historique" (j'insiste sur les guillemets) pour le Capitaine Lacharge car l'Empereur Napoléon, très reconnaissant lui a alors déclaré : « Vous m'avez sauvé la vie capitaine » !

Une situation qui démontre à quel point les reconstitueurs se mettent dans la peau des personnages qu'ils incarnent. En réalité, si le Capitaine Lacharge a bien sauvé la vie de son empereur (Franck Samson pour le coup), Gérard Bourlier n'a bien évidememnt pas sauvé Franck Samson qui n'était nullement menacé. Il a tout simplement agit comme n'importe quel soldat de l'époque l'aurait fait !

Le 4e article : Tout est d'époque : langage et alimentation ! #Histoire #Belgique