Le nouveau prodige de la scène Hip Hop aux Etats-Unis est africain. Al Boogs cisèle le son comme un orfèvre, avec minutie, art et finesse. Un style unique, envoûtant, magnétique. Une voix emplie de nostalgie, d' attachement à la terre natale,  un timbre doux et un flot qui coule comme l'eau d'une source intarissable. Al Boogs nous livre ses réflexions sur son nouvel album et son parcours artistique.

Qu'est-ce que le Rap représente à tes yeux?

Pour moi, le Hip Hop est un art de vivre. C'est la façon dont je parle, je marche, une démarche, au sens propre et au sens figuré, la manière dont je m'exprime, ce que je suis et ce que j'aime.Le Hip Hop est tout ça, un langage, une identité, une culture.

Ne penses-tu pas que les africains, par le biais du Hip Hop cherchent à s'identifier ou à ressembler aux américains?

Parce que je suis africain, j'ai une motivation plus forte que les autres pour m'approprier cette culture qui est née aux Etats-Unis. Je dois travailler plus, deux fois plus pour être respecté, considéré comme un artiste à part entière. C'est une motivation et une fierté, qui me stimulent et me poussent à me dépasser. Je représente le Sénégal et l'#Afrique dans son ensemble.

Tu habites aux Etats-Unis, quel regard portes-tu sur la jeunesse qui vit en Afrique?

Je pense que nous devons tous nous battre pour cette jeunesse. Il est triste, encore à notre époque, que certains enfants ne reçoivent pas les soins minimums, auxquels chacun à droit : manger à sa faim , recevoir une éducation et avoir un emploi - après des années d'études. J'ai abordé ces sujets dans mes chansons, mon nouvel album "Maagui Nieu" parle aussi de cette injustice.

Que penses-tu de la condition des noirs aux Etats-Unis?

Les noirs dans le monde entier devraient s'unir pour prendre soin les uns des autres. Il y beaucoup de millionnaires noirs, même de milliardaires, nous devrions être en mesure de nous battre pour plus d'égalité. Je pense qu'un jour cela ne sera plus une utopie.

As-tu été victime de racisme ou témoin de cela depuis que tu vis aux Etats-Unis?

Bien sûr, comme n'importe quel noir là-bas. Arrêté, recherché par la police juste à cause de la couleur de ma peau. En tant qu'africain, j'ai du faire face dans le milieu Hip Hop à un racisme anti-africain. Beaucoup m'ont fustigé ou montré une certaine haine, dans les "battles" parce qu'il n'acceptaient pas de voir un gamin africain les battre sur leur propre terrain - le Hip Hop. J'ai du m'imposer.

Qu'est-ce qui t'a conduit à faire de la #Musique, et précisément du Hip Hop?

J'ai grandi avec de la musique tout autour de moi, mon père joue du piano et de la guitare. Ma première révélation musicale c'est Djing, animateur réputé aux Etats- Unis.  Enfant, mes parents m'ont acheté une platine et deux haut-parleurs, j'ai commencé à faire des "beats" et à créer mes premiers morceaux. Puis je suis passe derrière le micro et j'ai rappé.

Quels sont les artistes qui t'ont inspiré?

Il y en a tellement! Evidemment les plus évidents, Michaël Jackson, KS One, Jay Z, Dr Dre, Kanye West, Youssou N'Dour, Bob Marley, Fabolous, Biggie, Akon, Diddy, juste pour en nommer quelques uns. 

Quelle chanson aimerais-tu que l'on retienne de ton répertoire?

Il y a beaucoup de chansons qui ont une signification forte pour moi. "Set it off" ma première chanson. C'est grâce à elle que j'ai été invité à l'émission "106 and park" sur la télévision BET ( Black Entertainment Télévision). On a travaillé de concert avec Nick Cannon sur son album intitulé "America's next wild champs"  ce qui m'a permis d'être primé à la MTV underground music. J'ai enregistré une autre chanson intitulée "I got tha clash" avec l'une des plus grandes productions - combinant à la fois l'enregistrement platine et l'enregistrement studio de Ron Browz- qui a travaillé avec d' éminents artistes comme Nas , 50 cent, Nicki Minaj, Ludacris etc. Mes chansons  "Afrique mon Afrique", "Sénégalais là" et "My city" témoignent de l'amour que j'éprouve pour l'Afrique et le Sénégal en particulier. #Célébrité