Depuis 1992, quelques passionnés œuvrent pour un projet gigantesque ; la reconstruction de l'Hermione, une frégate du XVIIIème siècle qui a permis à Lafayette de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

 

Le maire de Rochefort ; J.L. Frot, ainsi que plusieurs élus de la ville, quelques membres du Centre International de la Mer et Erik Orsenna ; écrivain membre de l’académie française, constituent l'Association Hermione-Lafayette.

 

d'énormes tâches les attendent; puiser dans les sources historiques, reconstituer des plans, rechercher des financements, lancer un appel d'offre pour la construction... En 1996, un grand nombre de membres associés se joignent au projet présidé depuis le début par l’académicien Erik Orsenna.

Tous bénévoles, ils sont animés par une même idée et travaillent à la réalisation de ce gigantesque chantier de reconstruction de patrimoine.

 

C'est Colbert qui au 17ème siècle fait la destinée de Rochefort en y implantant le nouvel arsenal du Royaume de France, il fait construire, sur les rives de la Charente, à l’abri des attaques anglaises fréquentes sur les chantiers navals, une flotte de guerre qui doit être capable de résister à l’énemie.

C'est ainsi que quatre frégates sont construites ; la Courageuse, La Concorde, La Fée et bien sur l'Hermione mise en chantier, en 1778, sur une cale de proche de la Corderie Royale.

Dessiné par l'ingénieur Chavillard Aîné, le navire fait plus de 65 mètres,(hors tout) large de 44 mètres, doté d'une voilure de 1500 mètres carrés, sur trois mâts. L'Hermione appartient à la catégorie des frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité. Elle est équipée de 26 canons. Elle necessitera à l'époque, un an de travail pour des centaines de charpentiers, forgerons, perceurs, cloueurs, calfats, bagnards... en tout environ 35 000 journées de travail.

La construction de L 'Hermione du XXIème siècle demandera quelques années de plus. Des métiers disparus il faut retrouver les hommes, les gestes, les outils appropriés, les matériaux... Et il faut sans cesse trouver des fonds...

Mais le neuf septembre 2014, plus de vingt ans après l'initiative de quelques passionnés, qui peut-être ont vécu des moments de découragements, de doutes, d'incertitudes, l'Hermione est prête à prendre la mer...Après quelques essais, c'est enfin le grand jour, saluée par des milliers de contributeurs et d'admirateurs postés sur la rade, escortée par des centaines de voiliers vieux et récents gréements, la frégate aillée s'arme pour sa première transatlantique.

Et l'on peut suivre le récit de son voyage conté, sur le site construit au fil des mois, par les compagnons de cette extraordinaire aventure : www.hermione.com

Un an plus tard, la voilà de retour à son lit d'origine. L'Hermione apparaît, dévoilée dans la brume de ses canons qui saluent à grand bruit la foule venue pour l’accueillir. Beaucoup sont en habit de l'époque pour l'occasion. L'équipage est partout sur le pont, quelques uns, postés sur les vergues sont comme les oiseaux sur des branches.

L'émotion est palpable, la joie est à son comble lorsqu'elle approche de la rade, pour se glisser enfin la où elle née, dans la « forme de radoub » de Rochefort.

L'aventure n'est pas terminée, l'Hermione est arrivée avec d'autres rêves en tête... #Histoire #Art #Musée